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BelLISSAma 'Get Happy

V
· 6 min de lecture
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BelLISSAma  'Get Happy

Dans un monde qui tourne sens dessus dessous, des troubles géopolitiques, un Trump qui agit de plus en plus audacieusement, la protestation en Iran contre le régime terrifiant de l'ayatollah Khameini, etc… etc… c'est un réconfort de pouvoir se plonger un instant dans un concert intitulé 'Get Happy', un remontant de taille. La musique comme force de liaison qui dépasse les différences.

Nous n'y réfléchissons pas assez, mais nous devons chérir nos bénédictions. Ce fut à nouveau un voyage musical impressionnant : exubérant, bouillonnant, plein d'énergie. Les sopranos Lissa Meyvis et Alexandra Franck, accompagnées par le pianiste classique Lester Van Look se sentent sur la scène comme dans un magasin de jouets. Avec audace et originalité, elles tissent divers styles ensemble en un voyage musical savoureux et fantasmagorique dans une harmonie sonore épurée. L'ensemble est parsemé ici et là d'une boutade et de quelques réflexions philosophiques.

Lissa Meyvis ouvre le bal avec le morceau 'Happy days are here again'', musique Milton Ager, paroles Jack Yellen. Appelons cela de la pensée magique. Un morceau de 1929 qui ne s'est pas usé et n'a rien perdu de sa pertinence,

Ensuite un duo 'Peas in a Pod'' de Grey Garden & Scott Frankel, à interpréter comme deux mains sur un ventre. Une chanson de la comédie musicale 'Grey Gardens'. Lester Van Loock fournit un accompagnement piano piquant.

C'est au tour d'Alexandra Franck de briller dans le morceau chanté avec style jazz 'Get Happy'' une composition de Harold Arlen écrite en 1930. Elle n'est devenue énormément populaire qu'en 1950 grâce à la version de Judy Garland dans le film 'Summer Stock'.

Le 'Katzenduett' Duetto buffo di due gatti de Gioachino Rossini est une œuvre populaire pour deux sopranos. Les deux dames se déploient complètement dans la querelle féline montant et descendant la gamme, joueur et défiante. Tout est tiré de l'arsenal des chats : grognements, soufflements, griffes, miaulements… Délicieux.

'Mein Herr Marquis'' l'aria drôle célèbre, connue comme la chanson du rire, tirée de l'opérette 'Die Fledermaus' de Johan Strauss II est à nouveau une aubaine pour Lissa Meyvis. Avec la plus grande facilité, elle se plonge d'une situation et d'une ambiance à l'autre. Son jeu de physionomie et son langage corporel sont conquérants du cœur et dessinent un sourire sur ton visage.

'Eifersuchtsduet' tirée de 'Die Dreigroscheroper ' de Kurt Weill est un morceau bien connu dans lequel la rivalité entre les personnages Polly Peachum et Lucy Brown pour le gangster Mackie Messer est attisée, un moment de querelle et d'humour. Lissa et Alexandra se chamaillent. Pas des chatons à manipuler sans gants !

Le morceau suivant 'Maybe this Time'' tiré du film 'Cabaret' respire une ambiance complètement différente : intimiste, plein d'espoir : "Lady peacefull, lady happy, that's all I want te be'. Lissa le présente d'une manière très touchante, profondément ressentie.

Alexandra cherche alors son salut dans le monde de l'opéra avec l'aria de la courtisane Magda 'Chi il bel sogno de Doretta' de Gioachino Puccini. L'introduction est une cadenza pour piano après laquelle le protagoniste d''Ondine' chante son rêve d'amour… un amour romantique et simple, loin de sa vie dissolue à Paris.

Temps pour la musique instrumentale. Lester Van Loock joue l'étincelant 'Ondine' impressionniste tiré de 'Gaspard de la Nuit' de Maurice Ravel, décrit comme l'une des partitions de piano les plus difficiles : une cascade de sonorités.

De l'héritage de Charles Aznavour, Lissa Meyvis chante la belle 'Sa jeunesse'.

Cette chanson suit la voie philosophique : nous ne réalisons souvent pas ce que nous avons, jusqu'à ce que nous le perdions ! Pur sentiment de mélancolie avec une belle introduction au piano.

Alexandra apporte une version néerlandophone de 'Send in the Clowns' de Stephen Sondheim chanson tirée de la comédie musicale 'A Little Night Music' de 1973, une adaptation du film d'Ingmar Bergman 'Smiles of a Summer Night'. Une ballade dans laquelle le personnage principal rêvasse sur l'ironie et les déceptions de sa vie.

La première partie s'achève avec le duo 'Don't Rain on My Parade'' tiré de Funny Girl, une chanson de lutte, un message puissant sur la détermination et la poursuite du succès.

Après la pause, la soprano Alaxandra Franck intervient d'abord avec un morceau de Mack Gordon et Harry Warren 'At Last'', une chanson d'amour emblématique ayant aussi une longue histoire. Elle a d'abord été présentée par l'orchestre de Gllenn Miller en 1941.

Alexandra et Lissa se plongent un instant dans une mini-crise identitaire dans le morceau 'I'm a Person Too'' tiré du cycle de mélodies de Leonard Bernstein 'I hate music: A Circle of Five Kid Songs' écrit pour soprano avec accompagnement de piano. Des chansons enfantines qui expriment les sentiments de Bernstein pour la musique d'une manière légère, mais émouvante.

Lissa surprend avec une belle chanson sur un texte d'Annie M.G. Schmidt 'Stekelvarkentjes Wiegelied'' une exploration fantaisiste du règne animal.

Le clavier virtuose Lester Van Loock se surpasse avec une deuxième œuvre pour piano d'une difficulté extrême 'Prelude op.32 nr.12'' de Sergej Rachmaninoff. L'œuvre est connue pour ses arpèges fluides. Encore une belle interprétation. Il cherche la liberté que le compositeur a mise dans sa partition.

De nouveau un duo 'Sull'aria'' tiré de 'Le nozze di Figaro' de Mozart, nous sommes témoin d'un complot : Suzanne et la comtesse composent une lettre d'amour pour piéger Figaro. Avec sensualité et une bonne dose de charisme, cela devient un petit joyau de conspiration.

Alexandra interprète de manière touchante 'I'm here', une composition de Brenda Russell & Allee Willis, un morceau puissant de la comédie musicale et du film 'The Color Purple'. C'est un numéro central qui raconte la transformation de la victime en femme triomphante.

C'est un délice que 'Ah, qu'il est beau le soleil' du poète Toon Hermans. Lissa Meyvis sait l'interpréter merveilleusement et fait briller le morceau vocalement avec la subtilité mimique et la modulation de sa voix.

'Und ob die Wolke sie verhülle' tiré de l'opéra 'Der Freischütz' de Carl Maria von Weber. La grandeur de la nature est décrite ainsi que le pouvoir mystérieux du mal.

Comme avant-dernier chant, Alexandra et Lissa chantent 'Die Schwestern' de Johannes Brahms avec une mélodie gaie et ludique et des harmonies. Ici aussi, le texte est vécu avec le corps et la mimique et ils terminent avec 'Happy Days' et 'Get Happy'.

Le cercle est complet. Mission accomplie.

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