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BOZAR : nouvelle saison, nouvelle vision, nouveaux visages

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BOZAR : nouvelle saison, nouvelle vision, nouveaux visages
© Crédit photo en-tête © Jérôme Latteur, « Bartók in space and time » Robbrecht en Daem (photo © Andries Bomans) - Photo Jeroen Vanacker, Aurore Aubouin (photo © Beatrice Borgers)

Ça va vite à Bozar, d'abord il y a eu la nomination d'un nouveau PDG et directeur artistique Christophe Slagmuylder, puis est arrivée une nouvelle directrice des expositions, Zoë Gray et maintenant c'est un nouveau duo qui est responsable du département musique de ce monument culturel. Il s'agit de Jeroen Vanacker et Aurore Aubouin.

Pas étonnant que la vision de cette équipe soit placée sous la devise « Polyphonie » car c'est surtout cela que le directeur Slagmuylder souhaite : « Bozar doit devenir un espace polyphonique qui s'oppose à la tendance à la polarisation où une seule voix impérieuse cherche à étouffer toutes les autres voix ». Après une première année complète du Projet Slagmuylder, il continue à transformer son navire lourd avec trop de départements en un organisme vivant où « naissent des connexions et des échanges inattendus, où des voix affirmées se complètent. Rassembler cette polyphonie est notre seul guide et notre conviction profonde. »

Tout cela sonne très musical, mais comment le nouveau programmateur de musique, Jeroen Vanacker, va-t-il s'en accommoder ? Il estime que la programmation ici est plus ambitieuse et internationale qu'à « son » Concertgebouw Brugge et que Bozar est une plus grande salle à remplir. Avec 2 200 places, c'est mille de plus. À Bruges, sa programmation était déjà résolument innovante.

Et maintenant ? « Ce ne sera pas une histoire complètement nouvelle, la tradition que ce palais a, depuis cent ans, reste très importante. Pas de tabula rasa donc, mais il y aura bien une évolution supplémentaire avec de nouvelles idées et possibilités de relier les choses. Les arts plastiques et la musique, mais aussi la musique classique avec la musique non classique. C'est un élément très important. C'est la base de ma programmation : comment chercher des liens entre les répertoires d'autrefois et d'aujourd'hui ? Comment peut-on créer des ponts avec d'autres disciplines artistiques ? Le thème est toujours mon point de départ : travailler avec d'autres formats. Je veux aussi beaucoup miser sur la transmusicale. C'est aussi ce qui m'a attiré ici. Le fait qu'il y ait non seulement beaucoup d'arts plastiques et d'autres disciplines artistiques, mais aussi une histoire musicale plus diversifiée, avec du jazz, de la musique électronique, de la musique world, des genres hybrides…, Il y a une offre beaucoup plus large de ces genres et j'ai hâte de voir comment je vais pouvoir les relier les uns aux autres dans des festivals et des projets isolés. » La production y est inséparable et c'est Aurore Aubouin qui dirigera l'équipe de production, en dialogue artistique constant avec Jeroen Vanacker.

À sa nomination en tant que nouveau directeur musical, Jeroen Vanacker a immédiatement été confronté à un tel nouveau projet et à un ancien ami, l'architecte de son ancien Concertgebouw, Paul Robbrecht (et Daem). Christophe Slagmuylder avait demandé au cabinet d'architectes d'établir un dialogue dans la grande salle Henry le Boeuf entre la musique et les arts plastiques, afin de réaliser une « mise en scène » pour la musique, déjà lors de la semaine d'ouverture de la saison de Bozar. Ils ont traduit les principes « architecturaux » d'une partition de Béla Bartók – sa « Musique pour cordes, percussion et célesta » – en cinq objets flottants avec conception lumineuse associée. C'est une construction très légère, sans investissement énorme et de nature temporaire. C'est le premier projet « Staging the concert » dans une série de trois, avec des designs d'autres artistes. Nous avons eu un avant-goût, l'andante de ce Bartók était à écouter et à voir. Jamais connu une telle « mise en scène » auparavant. Au moins original !

Dans le nouveau programme musical, il y a aussi deux autres noms qui tiennent beaucoup à cœur à Jeroen Vanacker. Le jeune chef d'orchestre finlandais Klaus Mäkelä. Le Finlandais vient à Bruxelles avec trois orchestres, tellement il est convoité : avec le Oslo Philharmonic, avec l'Orchestre de Paris et le Koninklijk Concertgebouworkest Amsterdam. L'autre nom est celui de la compositrice américaine Caroline Shaw. Elle vient elle-même trois fois à Bozar. « Avec sa musique, bien sûr, c'est l'interdisciplinaire qui m'attire. Si vous entendez sa Partita for 8 voices (le 21 novembre), vous serez soufflé. Ce n'est pas l'intention de les accueillir ici comme des artistes résidents comme je l'ai fait avec des artistes tels que Philippe Herreweghe, Anima Eterna ou Ivan Fischer à Bruges.

Le rythme auquel les jeunes talents se manifestent de nos jours est si rapide. Cela signifie que nous devons constamment surveiller la scène musicale et que je ne connais pas les noms de ceux que je veux accueillir ici dans deux ans. Pour les grands artistes, c'est qu'ils sont trop heureux de mettre Bruxelles à leur agenda. »

Bien sûr, les classiques ont aussi droit de cité avec une renommée internationale : Ivan Fisher et son Budapest Festival Orchestra, Gustavo Dudamel avec son Simón Bolivar Symphony Orchestra du Venezuela, les Berliner Philharmoniker avec Kirill Petrenko, toute une série de concerts aussi avec l'Orchestre National de Belgique et aussi avec tous les autres orchestres belges, des solistes comme Beatrice Rana, Gregory Sokolov, Patricia Kopatchinskaja avec Fazil Say…

Mais aussi ceci : il y a un gentil successeur aux anciens concerts « Next Generation-Rising Star » du dimanche matin. Le nouveau nom de cette série en dit long : « Concert Croissant ». L'intimité avec les musiciens sur scène dans une formule : petit-déjeuner + concert. Il y en a 14. Notez d'ores et déjà le 29 septembre avec la violoniste Sarah Bayens, gagnante du prix Cecilia 2022.

Grasduin surtout dans l'agenda étendu sur bozar.be pour toutes les autres disciplines artistiques que la musique. Avec des points forts comme les expos prévues sur le couple dadaïste Sophie Tauber et Jean Arp, l'exposition d'art sur l'amour « Love is louder », une vaste expo avec des œuvres de Berlinde de Bruyckere et aussi l'expo remarquée « When We See Us », avec de l'art figuratif panafricain. Et attention à la salle Horta trop froide. Elle doit devenir un véritable lieu de rencontre chaleureux et donc une réaménagement est prévu pour 2025. Dès maintenant, il y a désormais des performances chaque mois, non seulement là-bas mais « All over de P(a)lace », dans tous les salons de ce Bozar Palais.

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