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Les auteurs créatifs victimes de la révolution de l'IA

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· 3 min de lecture
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Les auteurs créatifs victimes de la révolution de l'IA

L'intelligence artificielle générative (IA) transforme à une vitesse vertigineuse le secteur créatif et apporte aux entreprises technologiques une richesse sans précédent. Pour les auteurs, compositeurs, réalisateurs et autres professionnels créatifs, cette évolution signifie cependant surtout une baisse importante des revenus. C'est ce qui ressort d'une étude récente de PMP Strategy, réalisée à la demande de CISAC, la confédération internationale des organismes de gestion des droits d'auteur. Sabam, l'organisme belge de gestion des droits d'auteur, exhorte les décideurs politiques à prendre des mesures urgentes pour réaliser une répartition des revenus plus équitable.

Des chiffres choquants sur la perte de revenus

Les chiffres de l'étude sont alarmants. D'ici 2028, les créateurs mondiaux risquent de perdre 24% de leurs revenus provenant des droits musicaux et 21% des droits audiovisuels. Cela représente une perte totale de 22 milliards d'euros, dont 10 milliards dans le secteur de la musique et 12 milliards dans le secteur audiovisuel. Parallèlement, le marché de la musique et du contenu audiovisuel générés par l'IA connaît une croissance explosive, passant de 3 milliards d'euros actuellement à 64 milliards d'euros en 2028. Cette croissance se fait directement au détriment des sources de revenus traditionnelles des créateurs, car le contenu généré par l'IA est privilégié dans les canaux de distribution tels que les plateformes de streaming.

Concurrence déloyale

Les services d'IA bénéficient énormément de ce changement. Leurs revenus provenant du secteur de la musique et de l'audiovisuel devraient passer d'environ 0,3 milliard d'euros en 2023 à 9 milliards d'euros en 2028. Cependant, une grande partie de ces revenus sont générés par l'utilisation non autorisée d'œuvres protégeables par le droit d'auteur. De ce fait, les créateurs voient leur propriété économique confisquée par des entreprises technologiques qui ne contribuent rien à la création.

« Sans réglementation, les auteurs perdent sur deux fronts », affirme le rapport. « D'une part, par l'utilisation non autorisée de leurs œuvres créatives par les modèles d'IA, d'autre part, par le remplacement des sources de revenus traditionnelles par la production d'IA. »

Impact sur des professions spécifiques

Les conséquences de l'IA vont bien au-delà des seuls auteurs musicaux et réalisateurs. Les traducteurs, les sous-titreurs et les acteurs vocaux sont sous forte pression, avec une perte de revenus attendue de 56%. Les réalisateurs et scénaristes sont également durement touchés, avec des pertes respectives de 15% et 20%. Cela montre que la menace de l'IA est beaucoup plus large que le seul secteur de la musique et de l'audiovisuel.

Sabam sonne l'alarme

Sabam pointe la tendance plus large d'une économie culturelle numérisée, dans laquelle la position des créateurs s'affaiblit de plus en plus. « Les revenus d'un auteur musical belge provenant des services de streaming et des ventes physiques ne s'élèvent qu'à 115 euros en moyenne par mois », explique Steven De Keyser, PDG de Sabam. « Ce montant est resté inchangé depuis 2012, malgré une croissance du marché d'environ 30%. »

De plus, Sabam souligne comment d'autres facteurs, tels que l'arrêt des services de télévision traditionnels et le rachat de droits par les plateformes de streaming, aggravent encore la situation. Les créateurs ne reçoivent pas une compensation suffisante pour l'utilisation croissante de leurs œuvres sur des plateformes telles que Spotify et VRT Max.

Appel à l'action

Sabam exhorte les décideurs politiques à placer les intérêts des auteurs au cœur du développement de la législation. Sans leur contribution créative, il n'y a pas d'avenir pour l'économie culturelle. Ce sentiment est partagé par Björn Ulvaeus, président de CISAC et cofondateur d'ABBA. Il souligne que l'IA offre des opportunités remarquables, mais aussi des risques considérables si la réglementation fait défaut.

« Il est essentiel que nous développions une réglementation qui protège les droits des créateurs », déclare Ulvaeus. « De cette façon, nous garantissons un environnement d'IA qui préserve la créativité humaine et la culture. »

Conclusion

Le rapport de PMP Strategy souligne que des mesures urgentes sont nécessaires pour protéger la position des créateurs dans un marché numérique en rapide évolution. Sabam s'y associe et demande instamment une réglementation qui renforce les droits des auteurs et garantisse une répartition équitable des revenus. C'est la seule façon de permettre au secteur créatif de continuer à prospérer à une époque de perturbation technologique.

Consultez l'étude complète de PMP Strategy ici et découvrez comment l'IA transforme l'économie de la musique et de l'audiovisuel.

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