Par ces initiatives, la Munt attire l'attention de manière durable cet hiver sur les victimes de la guerre en Ukraine.
La Munt souhaite maintenir dans les esprits ce conflit tragique et impitoyable, et ses innombrables victimes, au cours des prochains mois. Par solidarité, mais aussi en guise d'avertissement face au fait que les régimes impérialistes ne sont malheureusement pas disparus.
Le péristyle de notre bâtiment de théâtre est illuminé depuis plusieurs mois aux couleurs bleu et jaune lors de chaque représentation, et depuis début janvier, une image géante du théâtre de Marioupol orne la façade de la Munt. Celui-ci a été complètement détruit le 16 mars 2022 lors d'un raid aérien, malgré le fait que plusieurs centaines de personnes s'y abritaient à ce moment-là. Pendant la série de représentations de Jevgeni Onegin, des affiches sur les murs extérieurs de la Munt mettent également en évidence la destruction de l'architecture ukrainienne. Leurs images « avant et après » montrent de manière saisissante la dévastation de cette guerre et les cicatrices durables que ce conflit laisse.
C'est une manière de ne pas oublier ce qui se passe aujourd'hui à seulement deux mille kilomètres de Bruxelles et ce qui n'est plus impensable ailleurs non plus. Un rappel également que la communauté artistique internationale est particulièrement vulnérable dans ces circonstances.
La Munt programme lors du concert du 19 février le Deuxième concerto pour piano (pour la main gauche) du compositeur ukrainien Sergei Bortkiewicz. Il sera interprété par sa compatriote Illa Ovcharenko, dont la famille à Tchernihiv est confrontée chaque jour aux conséquences de la guerre. Dans ce concert, nous entendons aussi des échos de notre récente production de Der Rosenkavalier dans deux œuvres symphoniques de Richard Strauss : le poème symphonique Don Juan op.20 (1888) et le Concerto pour hautbois en ré majeur (1945). Les visiteurs de nationalité ukrainienne peuvent obtenir deux places gratuites pour ce concert.
La programmation de la Troisième symphonie de Reinhold Glière, nommée d'après le « hetman » ukrainien Ilja Mueromets, est également un moment de commémoration. Cette œuvre, au cœur du concert du 22 avril, soulève aussi la question de la récupération des artistes par un certain régime, un débat que nous aimerions également mener lors d'une discussion publique avec des intellectuels européens et ukrainiens. La date et les conférenciers de ce colloque seront annoncés ultérieurement.
Pendant la série de représentations de Nos en juin, en collaboration avec l'initiative Artwithoutbars et notre projet Un Pont entre Deux Mondes, de jeunes artistes ukrainiens investiront les couloirs de la Munt.
Pour l'avenir, la Munt réfléchit à un projet de soutien artistique aux collègues ukrainiens par lequel les productions du répertoire de la Munt seront mises à disposition d'un certain nombre de maisons d'opéra qui pourront ainsi présenter de nouvelles productions à leur public.
Tous ces projets sont élaborés en collaboration avec Promote Ukraine et l'Institut ukrainien à Kiev. Ils s'inscrivent également dans la solidarité entre les villes sœurs Bruxelles et Lviv en Ukraine.