Aller au contenu
Traduit automatiquement · original
Actualités

La solitude n'a jamais été aussi agréable

T
· 5 min de lecture
Partager cet article
La solitude n'a jamais été aussi agréable

Nomination Gouden Label – Sharing the heart of music est leur noble devise, et une telle chose suppose bien entendu que l'ensemble pénètre au cœur de la musique. Sur leur dernier cd intitulé Solitude, c'est MM. Mendelssohn et Weinberg dont les émotions de l'âme sont mises à nu de la manière la plus intense. Pour l'exprimer en termes de comédie musicale : It's electrifying!

Mais le Dudok Kwartet Amsterdam a généralement encore bien d'autres choses en réserve pour ses auditeurs. Ou qu'auriez-vous pensé d'un programme savamment élaboré aux allures d'une représentation de concert ? Sur leurs deux premiers albums – Métamorphoses et Labyrinth – les quatuors de Ligeti ont été associés à des petites merveilles des Classiques viennois. La musique était encore moins conventionnelle avec Brahms (plusieurs pièces originellement pour piano solo) et Bach (canons jusqu'à huit voix) qui s'ajoutaient comme petit extra particulier. Voilà maintenant leur troisième cd, intitulé Solitude et à nouveau édité par Resonus Classics, et le quatuor s'est vraiment surpassé dans la structure de ce disque. Entre le dernier quatuor de Mendelssohn (1847) et la troisième tentative de Mieczysław Weinberg (1944) surgit soudain une petite œuvre connue du point de vue flamand : Mille regretz de « notre » polytoniste de la proto-modernité Josquin des Prez. L'arrangement est du violoncelliste du Dudok David Faber. L'impact dans l'ensemble de l'enregistrement est simplement sublime. Et le texte original de la chanson s'accorde bien au thème de la solitude qui traverse comme un fil rouge les différentes œuvres. De même que le madrigal à cinq voix avec lequel Solitude se termine : Moro lasso du compositeur de la fin de la Renaissance Carlo Gesualdo. « Une pénitence musicale », comme on l'appelle dans le livret intéressant à lire, par un compositeur tourmenté qui a assassiné à la fois sa première femme et son amant. L'interprétation de l'auteur isolé ne produit pas un grand succès, mais plutôt une dernière preuve d'un jeu d'ensemble mémorable qui excelle dans la concertation et, surtout, une sonorité éloquente. Même avec seulement quatre musiciens…

Matériel de référence

Le Dudok Kwartet Amsterdam ouvre le cd avec le dernier chef-d'œuvre achevé de Felix Mendelssohn. Parmi les interprètes, son opus 80 est peut-être aujourd'hui son quatuor à cordes le plus populaire – on le rencontre régulièrement comme auditeur de concert. Et sur disque aussi, cette composition est bien servie – seul sur le site web d'ArkivMusic, 29 enregistrements sont proposés. Pourquoi donc ce choix ? Le titre au-dessus du serein Adagio et l'effigie en quadruplé sur la couverture du cd en sont la clé. Car un Felix en deuil a écrit ce « Requiem pour Fanny » en mémoire de sa sœur décédée récemment. La perte se retrouve dans un quatuor dont les parties agitées, eh bien, en disent long. Les membres du Dudok Kwartet en font des montagnes russes (follement) rapides qui évoquent merveilleusement l'énergie d'une exécution en direct. Il n'y a pas seulement les rafales de vent au rythme précis de l'Allegro vivace assai, ou la finale déchaînée dans laquelle le premier violon doit exécuter à deux reprises de manière supérieure des tours qui cassent les doigts (Allegro molto). Surtout, il règne dans les deux mouvements une impulsion constante, et notamment grâce à de petits jeux et petites figures de quatre musiciens qui disent leur mot au moment précis. La tension peut donc être tranchée du début à la fin. Seule la résignation amère de l'Adagio offre encore un certain réconfort. C'est notamment là que l'équilibre est parfait. Les phrasés sont ardents. Et les fluctuations oh si subtiles en matière de dynamique parachèvent le tout. Enfin, encore quelque chose sur le scherzo spirituellement accentué, qui commence in medias res (Allegro assai). Les voix moyennes font là du travail particulièrement excellent pour, comme une vieille melodia, rassembler la musique. Ce n'est absolument pas un détail, mais contribue essentiellement aux qualités captivantes de cette partie. Une brève conclusion s'impose agréablement : un nouvel enregistrement de l'opus 80 n'est plus nécessaire. La comparaison n'est pas vraiment une nécessité. C'est de toute façon du matériel de référence.

Ce qui suit est donc Desprez et deux belles minutes d'introspection sereine. Le contraste avec la fureur du finale de Mendelssohn ou le début frénétique du troisième quatuor à cordes de Weinberg est aussi bienvenu que gigantesque, et ne manque pas son effet. Comme pour Mendelssohn, cette musique de Weinberg est inspirée par la perte : ses parents et sa sœur n'ont pas survécu à la Seconde Guerre mondiale. Et dans ce cas aussi, l'enregistrement témoigne de vigilance, d'empathie et de perspicacité. Notamment dans la première partie (Presto), les cordes doivent être sur le qui-vive pour interpréter le flot imprévisible d'idées musicales. Avec succès. Dans l'Andante sostenuto qui suit, l'accompagnement sonne si cohésif qu'il semble être un seul instrument. Le thème qui surgit soudain dans le premier violon (2:20) est d'une beauté quasi parfaite et est joué avec beaucoup de sentiment. C'est un mouvement qui vous marque. La dernière pièce monothématique laisse en revanche une impression plus fugace (Allegretto). Une pointe d'ironie n'est pas loin, comme si le bon ami de Weinberg, Shostakovich, jetait un œil au coin. Le standard pour les quatuors à cordes intégraux de Weinberg a déjà été établi avec succès par le Quatuor Danel. Mais le Dudok, qui a étudié à l'Académie néerlandaise des quatuors à cordes sous la direction de Marc Danel, vous permet d'écouter cette œuvre avec de nouvelles oreilles, et plaide ainsi fortement en faveur d'un quatuor tout aussi puissant.

Avec aussi l'Elegie scintillante tirée des Deux Pièces pour quatuor à cordes (1931) de Shostakovich en bis, qui contraste à nouveau avec élégance l'éclat chromatique d'un Gesualdo, cet album est tout sauf un morceau léger et facile à assimiler. Solitude a une teinte sombre, mais brille comme un diamant grâce à la qualité des interprétations. Klassiek Centraal aime bien y ajouter une lueur dorée. La solitude n'a jamais été aussi agréable.


  • QUI : Dudok Kwartet Amsterdam [Judith van Driel (violon), Marleen Wester (violon), Marie-Louise de Jong (alto) et David Faber (violoncelle)]
  • QUOI : Felix Mendelssohn (1809-1847) – Quatuor à cordes en fa (opus 80) | Josquin des Prez (ca. 1450-1521) – Mille regretz (arr. David Faber) | Mieczysław Weinberg (1919-1996) – Quatuor à cordes n° 3 en ré (opus 14) | Dmitri Shostakovich (1906-1975) – Elegie (tirée des Deux Pièces pour quatuor à cordes) | Carlo Gesualdo (1566-1613) – Moro lasso (arr. David Faber)
  • ÉDITION : Resonus Classics (RES 10215)
  • CRÉDIT PHOTO : © Marco Borggreve

Partager cet article

Commentaires

Aucun commentaire pour l’instant. Soyez le premier à réagir.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont relus avant leur publication.

FR