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Festival Van Peralada - Le Chant Domine

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Festival Van Peralada - Le Chant Domine

Le programme du Festival Castell Peralada a offert pendant six semaines (4 juillet - 17 août) une fois de plus une offre variée : concert, opéra, ballet, danse, récital, jazz et pop.

Pour la plupart, ces manifestations ont eu lieu dans le grand auditorium du parc du château ou dans l'église Eglesia del Carme. Le grand auditorium permet également de présenter des productions d'opéra scéniques. Cette année, La Traviata de Verdi était à l'affiche, annoncée comme une Traviata qui fait un virage à 180 degrés pour raconter une histoire d'amour, vue sous un nouvel angle : celui d'une femme libre, d'un esprit libre.

« Sempre libera », l'exclamation de Violetta est projetée plusieurs fois sur le décor ainsi que des déclarations (d'autrices) liées aux droits des femmes. Apparemment, le metteur en scène Paco Azorin voulait transmettre son message très clairement. Mais cette interprétation n'est vraiment pas ce que le livret de l'opéra nous raconte, la musique de Verdi non plus. Violetta ne quitte pas Alfredo parce qu'elle veut être libre ! Ce n'est qu'un exemple. Et quel est le rôle de cette petite fille mignonne qui traverse l'action ? Pourquoi le décor conçu par Azorin consiste-t-il principalement en quatre grandes tables de billard qui sont disposées ou même suspendues dans différentes combinaisons ? Et quel est le rôle des acrobates qui escaladent les murs et coupent le souffle au public (surtout lorsqu'une table de billard menace de se détacher) tandis que les chanteurs tentent d'attirer l'attention du public sur leurs émotions ?

Heureusement, le « concept » de Paco Azorin n'a pas entravé l'exécution musicale, même si la présentation des protagonistes était parfois assez discutable (la première rencontre timide entre Alfredo et Violetta) et les personnages parfois « noyés » dans les mouvements de groupe agressifs que Azorin imposait aux chœurs.

Ekaterina Bakanova était la Violetta esquissée par Azorin : une femme indépendante et forte qui ne veut pas être une victime mais qui doit finalement subir son destin. Sa voix de soprano claire et homogène peut encore gagner en fluidité (coloratures), mais elle est expressive et son interprétation convaincante. René Barbera ne peut pas vraiment incarner le jeune homme de bonne famille, l'admirateur timide et l'amoureux blessé, mais il chante avec une belle voix de ténor, bien maîtrisée avec un timbre clair et une puissance dramatique. Pour Giorgio Germont, Quinn Kelsey peut faire valoir sa stature impressionnante et son baryton plutôt rude. Il est moins le « père noble » distingué qu'un père vindicatif prêt à agir. Son entretien avec Violetta rend très clair ses intentions, exprimées avec sa voix ample et expressive. Les trois protagonistes étaient entourés d'un ensemble assez homogène dans les petits rôles, à l'exception de la Flora de Laura Vila et des excellents chœurs « Intermezzo » préparés par José Luis Basso.

Riccardo Frizza dirigeait l'orchestre du Liceo de Barcelone en excellente forme dans une exécution quasi complète de la partition (avec cabalettas et deuxièmes couplets) ce qui est plutôt exceptionnel de nos jours. Frizza respectait la structure dramatique de la partition, les émotions et l'orchestration magistrale.

Human Love, Love Divine était le thème du concert à l'Eglesia del Carme par le soprano Nuria Rial, le ténor Juan Sancho et la Capella Cracoviensis dirigée par Jan Thomasz Adamus. Ensemble, ils nous ont guidés à travers les partitions de Händel, alternant les fragments d'opéras, de cantates, d'oratorios et d'odes dans un programme bien structuré, agréable à écouter et couronné par « Happy we! What joys I feel! ». C'était la finale rêvée pour le concert où nous avons pu profiter de la musicalité, de la voix fraîche, de l'expressivité et des interprétations désarmantes de Nuria Rial, alternées avec le sérieux et les passages stricts, parfois trop intimes de Juan Sanchez avec une voix plutôt sombre et les qualités des musiciens de la Capella jouant d'instruments anciens, où les bois ont particulièrement impressionné.

Retour à l'auditorium pour un concert lyrique du ténor Juan Diego Florez, accompagné par l'Orquestra Simfonica del Vallès, dirigée par Guillermo Garcia Calvo et avec la collaboration du soprano Ruzan Mantashyan. Le programme offrait principalement des fragments d'opéras que Juan Diego Florez ajoute actuellement à son répertoire. Donc cette fois pas de « Ah! Mes Amis » de La Fille du Régiment de Donizetti mais Tombe degli avi miei de Lucia di Lammermoor et comme opéra français Roméo et Juliette et Faust de Gounod et Manon de Massenet. Pas de Rossini mais La Bohème de Puccini.

Ruzan Mantashyan réplique à Juan Diego Florez et interprète plusieurs arias en soliste. Dans l'ensemble, un programme plutôt inattendu, notamment l'ouverture de Mignon d'Ambroise Thomas qui ouvrait le concert. L'Orquestra simfonica Del Vallès s'affirme comme un ensemble solide et le chef Guillermo Garcia Calvo comme un musicien attentif et un accompagnateur galant. La chimie entre Florez et Mantashyan fonctionne clairement, ce qui nous procure quelques duos passionnés : « Nuit d'hyménée » de Roméo et Juliette, « Nous vivrons à Paris » de Manon et aussi « O soave fanciulla » de La Bohème, chacun se terminant par un baiser long et passionné !

La soprano se fait entendre en soliste dans le « je veux vivre » de Juliette, l'aria des joyaux de Marguerite et « Si, mi chiamano Mimi ». L'orchestre interprète encore l'intermezzo de « L'Amico Fritz » de Mascagni. Un programme varié auquel s'ajoutent en bis l'inévitable « O mio babbino caro » pour Mantashyan et un duo de « El Gato Montés » de Penella avant que Florez ne s'accompagne à la guitare dans quelques chansons espagnoles. De cette manière, le ténor péruvien a illustré les différents aspects de son talent avec une voix puissante, parfois assez acérée, capable de belles nuances et d'interprétations subtiles. Il a été un partenaire clairement engagé pour la soprano arménienne au silhouette élégant, une voix fraîche et des interprétations qui peuvent et doivent encore s'épanouir.


  • QUOI : Festival Van Peralada (Catalogne)
  • QUAND : 7, 8, 9 août
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