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Les Festivals de Wallonie 2023

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Les Festivals de Wallonie 2023

Les Festivals de Wallonie offrent une nouvelle fois un été musical du 30 juin au 13 octobre, avec pour thème central « Utopies ». Les sept festivals mettent en lumière des artistes ayant un parcours particulier, programment de la musique sur l'espoir et la paix et accordent une attention toute particulière aux compositrices et musiciennes. La pianiste suisse Beatrice Berrut est artiste du festival et apporte à travers ses différents concerts un message d'avenir plein d'espoir. En outre, Sergei Rachmaninov est bien sûr célébré pour son 150e anniversaire avec des représentations de ses œuvres les plus emblématiques. Les Festivals de Wallonie prennent un départ en trombe avec un feu d'artifice musical le premier week-end de juillet à Bruxelles, Namur et Saint-Hubert !

Les concerts lors de ce week-end d'ouverture à Bruxelles, Namur et Saint-Hubert illustrent bien le thème. Ainsi, Brussels Philharmonic propose Destins croisés sous la direction de Glass Marcano, la jeune et talentueuse chef d'orchestre vénézuélienne. Au programme figure l'œuvre du Russe Tsjaikovski et du Cubain Pérez Prado (30/06, 19h, Flagey). À Namur, le Choeur de Chambre de Namur et la Cappella Mediterranea sous la direction de Leonardo García Alarcón présentent l'espoir La Jérusalem délivrée de Philippe d'Orléans. Les amateurs d'histoire passionnés connaissent certainement d'Orléans comme Régent de France entre 1715 et 1723 (30/06, 20h, Grand Manège). À Saint-Hubert, Beatrice Berrut et les sœurs Sylvia et Stéphanie Huang interprètent ensemble avec l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège l'extraordinaire Tripelconcerto de Beethoven (1/07, 20h, Basilique).

Messages de paix et d'espoir, artistes ayant un parcours extraordinaire

En musique, le thème de l'utopie peut offrir une réponse rassurante à un monde en mutation, pensons à la première version du livret de la Flûte enchantée de Mozart (8/07, 19h, Namur). Le concert-performance spécial La Machine à remonter Mons de Musiques Nouvelles et du photographe et vidéographe Pierre Liebaert peut également être compris ainsi. Cela promet un véritable voyage dans le temps en musique et en image (2/10, 19h & 21h, Bergen). L'utopie peut aussi s'exprimer comme une « place qui n'existe pas » musicale (ou-topos). L'ensemble Recrues d'Essences propose un tel monde à ses auditeurs lors d'un voyage musical original des Balkans à l'Amérique latine (2/07, 20h, Nassogne).

Cependant, la quête de la paix comme utopie apparaît probablement le plus fréquemment au programme. Ainsi, la soprano Lore Binon et l'ensemble Lingua Franca s'inspirent du génie de Telemann et Bach pour leur concert Veillée d'armes. Car l'homme se rend coupable d'atrocités, mais est aussi capable de créer le plus beau et le meilleur (16/07, 20h, Église de Libin). Le projet La Terre nous est étroite s'inscrit dans la même veine. La soprano syrienne Soumaya Hallak, le compositeur belge Jean-Marie Rens et le duo pop Juicy donnent vie à la poésie engagée du Palestinien Mahmoud Darwich sur une musique contemporaine (4/10, 20h, Bergen).

Enfin, le festival de Namur met aussi en lumière quelques exemples d'un destin très utopique dans l'histoire. Django Reinhardt est devenu, malgré une main estropiée, une légende du jazz manouche. L'ensemble Minor Swing lui rend hommage lors de Djangolympics (1/07, 19h, Namur). Le programme comporte un autre parcours particulier. Jusqu'à il y a quelques années, Glass Marcano vendait encore des fruits dans les rues des favelas pour financer ses études. Grâce au projet social musical El Sistema, elle est devenue chef d'orchestre à 28 ans et se produit désormais dans le monde entier. Clärenore Stinnes reçoit aussi un hommage musical et visuel dans Madame Vitesse. L'histoire de l'une des premières femmes pilotes automobiles est interprétée par la mezzo-soprano Joëlle Charlier sous la direction de Helene Bracke. Leur nouvelle production, une création commandée par et pour Les Festivals de Wallonie, est accessible à tous à partir de 8 ans et raconte le voyage automobile de Clärenore autour du monde au début des années 1920 (la production se joue dans plusieurs festivals).

Un hymne aux femmes et à Rachmaninov

La 53e édition des Festivals de Wallonie accorde également une place particulière à la femme. D'abord et avant tout, l'artiste du festival n'est autre que Beatrice Berrut, qui integre l'utopie comme fil rouge dans son travail : « Nous ne pouvons que croire en et nous battre pour l'avenir. Si nous cessons de croire en l'avenir, nous cessons de vivre. » La pianiste suisse transmet le flambeau aux musiciens de demain lors de sa masterclass Génération classique. Elle partage aussi son message humaniste avec le duo de violoncellistes Bruno Philippe (2/7, 17h, Flagey et 1-2/08, 20h, Stavelot), un récital à Charleroi (3/10, 12h30) et à Lasne (6/10, 20h) et l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie sous la direction de Vahan Mardirossian (4/10, 20h, Charleroi et 5/10, 20h, Bergen). Par ailleurs, la jeune violoniste prometteuse Sophie de Bardonnèche a reçu carte blanche pour élaborer un programme autour de compositrices baroques italiennes et françaises (16/09, 19h, Liège).

Encore un fil conducteur à ne pas manquer : l'hommage à Sergei Rachmaninov, né en 1873. Au programme figurent ses hymnes de la liturgie byzantine gréco-orthodoxe interprétés par Adrian Sirbu, Simon-Pierre Bestion et l'ensemble La Tempête (1/07, 20h30, Bruxelles), son célèbre Trio élégiaque accompagné d'œuvres de Rameau et Chostakovitch par le Trio Zadig (8, 9/08, 20h, Stavelot) et son quatuor inachevé, interprété par le Quatuor Hermès (11, 12/08, 20h, Stavelot).


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