Le compositeur, arrangeur et guitariste mexicain Luis Felipe Ramírez Santillán (°1970) présente son premier cd monographique. L'objectif est de montrer son style compositionnel. Les œuvres choisies doivent représenter l'intégralité de son répertoire. En tant que symphoniste, un cd contenant uniquement un répertoire symphonique est d'ores et déjà approprié.
La troisième symphonie Symfónia z dial'ky (2020) ouvre le cd. C'est l'œuvre avec laquelle le compositeur mexicain a obtenu son doctorat en arts. La symphonie se compose de trois mouvements. Le premier est théâtral et exubérant. Comme le bouquet d'un feu d'artifice, la musique explose ici énergiquement dans un climax. Une sorte d'énergie que vous attendriez plutôt à la fin.
Le deuxième mouvement poursuit cette énergie mais est parfois interrompu par des passages plus calmes. Dans la troisième partie, ce morcellement se poursuit. C'est une sorte de collage d'idées musicales différentes. Certains passages sont théâtraux, d'autres sont plutôt ludiques ou lyriques. L'ensemble forme un voyage sonore où vous ne savez pas à quoi vous attendre. Vous laissez la musique vous enlacer et vous entraîner.
Santillán présente ici une symphonie très atypique, mais comme chaque mouvement s'appuie sur le précédent, cela forme néanmoins un ensemble cohérent.
FES-C (1995) [track 04] est un poème symphonique. Il commence de manière mystérieuse avec les cordes et les accents des vents. Très rapidement, l'œuvre acquiert un caractère triomphal et les cuivres deviennent de plus en plus importants. L'élan croissant est interrompu par des passages plus calmes où la tension s'accumule et s'oriente de nouveau vers un climax. Quand celui-ci culmine enfin dans un solo de timbales avec les accents des vents, ce dénouement est bienvenu.
Le cd se termine par une œuvre pour piano et orchestre : El Piano (2007) [track 06]. L'atmosphère rêveuse avec laquelle le piano s'ouvre contraste avec tout ce qui a précédé. L'orchestre intervient, également avec une tonalité rêveuse et post-romantique. Mais la pleine texture de l'orchestre fait écho au caractère théâtral des œuvres précédentes et est déjà un aperçu de la fin. Le climax avec l'utilisation exubérante des cuivres retombe aux sons rêveurs du piano soliste avant que les dernières notes ne s'éteignent. Le cercle est fermé.
- QUI : Moscow Radio Symphony Orchestra sous la direction de Sergei Skripka (track 1-3), Moscow Studio Symphony Orchestra sous la direction de Alexander Polianichko (track 4-6), Irina Popova [piano]
- QUOI : Luis Felipe Ramírez Santillán: Symphonies Nos. 1 & 3
- LABEL : Da Vinci C00513
- COMMANDER : JPC