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Saison Muntschouwburg 2018-2019

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· 4 min de lecture
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Saison Muntschouwburg 2018-2019

Jeudi 15 mars, Peter de Caluwe a présenté la nouvelle saison de la Koninklijke Muntschouwburg. Comme on pouvait s'y attendre, c'est un programme qui ne s'en tient pas aux sentiers battus, mais propose au contraire quelques productions inattendues et un certain nombre de créations. Même les opéras – disons – plus « traditionnels » au programme reçoivent une approche particulière qui les rend intrigants.

Peter de Caluwe s'est inspiré de la pensée littéraire et philosophique de l'auteur suisse de langue allemande Hermann Hesse (1877-1962) et en particulier d'une citation de son livre Das Glasperlenspiel (Le Jeu des perles de verre). Peter de Caluwe a exprimé l'espoir que « la saison 2018-2019 vous inspire par le panorama spirituel qu'elle offre - un Seelenlandschaft, en contraste délibéré avec le monde fugace et fragmentaire qui nous entoure - et que notre quête éternelle de connaissance de soi débouche finalement sur la beauté et la sagesse." Un beau souhait auquel les opéras programmés peuvent donner une signification profonde.

Privation de liberté et puissance surhumaine

Cela a amené directement l'intendant à la première production de la nouvelle saison, Die Zauberflöte de Mozart, que Romeo Castellucci interprétera d'une manière très particulière où cet « artiste visionnaire polyvalent » cherchera à explorer les « couches plus profondes » (citations de Peter de Caluwe). Je trouve particulièrement fascinant que Uit een dodenhuis de Janáček soit présenté dans une mise en scène de cet autre metteur en scène culte du moment, Krzysztof Warlikowski, et de surcroît dirigé par une jeune femme chef d'orchestre, Mirga Gražinyte-Tyla. Dans la lignée de cette histoire dure, basée par Janáček sur le roman de Dostojewski, une autre œuvre captivante est programmée qui tourne autour de la privation de liberté et de la puissance surhumaine pour survivre, à savoir Push, une composition de Howard Moody, basée sur l'histoire véridique du survivant de l'Holocauste juif bruxellois Simon Gronowski. Une histoire extraordinaire qui offre un « projet communautaire » captivant, où des professionnels et des amateurs collaborent. Le spectacle a déjà été représenté à Chichester et reçoit à la Munt sa création belge à la salle Malibranzaal.

Il y a également une création : Frankenstein de Mark Grey : un opéra prévu pour la saison Extra Muros, mais reporté en raison de circonstances. Il y a deux opéras buffo au programme : le populaire Don Pasquale de Donizetti, où Laurent Pelly laisse libre cours à sa mise en scène fantasiste pour épuiser les petits côtés humains et où Altinoglu en fera une fête musicale de fin d'année avec un certain nombre de spécialistes du bel canto, dont Michele Pertusi dans le rôle titre. L'autre buffo est une rareté. Re Orso de Marco Stroppa (1959) est une œuvre commandée par l'Opéra Comique de Paris et la Munt. L'opéra reçoit maintenant enfin sa première belge à la Munt après sa création à Paris en 2012. L'histoire est un conte de fées - bien que non dépourvu de moments cauchemardesques - d'Arrigo Boito (1842-1918), un auteur-compositeur (Mefistofele) que nous connaissons surtout comme librettiste de Verdi. Stroppa n'hésite pas à utiliser l'électronique dans ses œuvres, ce sera donc une contrepartie absolument contemporaine de l'opéra buffa traditionnel ! Avec Arrigo Boito, nous arrivons aussi à La Gioconda d'Amilcare Ponchielli, un opéra connu pour un seul fragment, la Danza delle Ore. Cet opéra situé à Venise sera enfin présenté intégralement au public à la Muntschouwburg.

Thématique de Hermann Hesse

Un chef-d'œuvre qui, avec ses couches métaphysiques, appartient naturellement à la thématique de Hermann Hesse, est bien sûr Tristan und Isolde de Wagner, avec lequel Altinoglu poursuit son parcours Wagner à la Munt. La saison d'opéra se termine par un vrai conte de fées, à savoir le conte de fées russe à découvrir de Nikolay Rimsky-Korsakov, Le Conte du Tsar Saltan, un travail fait sur mesure pour Dmitri Tcherniakov et, comme le Coq d'or encore frais en mémoire, musicalement en bonnes mains avec le chef-maestro Alain Altinoglu. Deux opéras sont donnés en version de concert : The Rake Progress de Stravinsky avec rien de moins que Barbara Hannigan comme chef d'orchestre et le grand opéra Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer, avec le fantastique chef d'orchestre Evelino Pidò, qui dirige actuellement le diptyque Cavalleria/Pagliacci à la Munt.

Il y a, comme chaque saison, une série de récitals avec de grands chanteurs (Padmore, Gens, Kožena) et des concerts incluant notamment les symphonies une à huit de Ludwig Van Beethoven, également avec Altinoglu. Il y a aussi de la danse avec une sorte de rétrospective d'Anne Teresa de Keersmaeker et dans la collaboration avec d'autres institutions artistiques fédérales à Bruxelles, je tiens à mentionner L'Homme de la Mancha, cinquante ans après sa première à la Munt et quarante ans après la mort de Jacques Brel en octobre 2018.

Une prochaine saison fascinante avec de nombreuses découvertes à vivre. Vous trouverez tous les détails sur www.demunt.be.


  • QUOI : présentation de la nouvelle saison d'opéra de la Koninklijke Muntschouwburg
  • QUAND : 2018-2019
  • PHOTO : © De Munt
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