Parchemin noir, mais peu nombreux l'ont déjà vu. Beaucoup en a été perdu car il est plus fragile que le parchemin ordinaire. Le parchemin noir était extrêmement cher et seuls les plus riches pouvaient se le permettre. Parmi eux, les richissimes Bourgondes. Le dernier d'entre eux était Margaretha van Oostenrijk (1480-1530). Via sa mère Maria van Bourgondië, elle était bourguignonne, mais via son père, l'empereur Maximiliaan van Oostenrijk, elle devint la première Habsbourg à régner comme gouvernante des Pays-Bas.
Le petit livre est en parchemin noir. Ce matériau était, déjà en raison de sa rareté et de sa couleur – le noir était une couleur de luxe sur laquelle brillaient les joyaux – pur luxe. Qui d'autre qu'un prince se permettrait une telle chose ? La soi-disant Margaretha van Oostenrijk « vivant simplement » s'est néanmoins permis un petit livre en parchemin noir. Ce petit livre a été conservé et a été exposé les 2 et 3 décembre 2022 à Bruxelles dans les salles d'exposition de la KBR, la bibliothèque royale où il est normalement conservé sous clé et verrou en tant que partie d'une magnifique bibliothèque bourguignonne, la 'Librije'
Pourquoi seulement deux jours d'exposition ?
Eh bien, qui ne voudrait pas voir un si unique petit livre ? Donner plus de publicité à un si unique petit livre exposé et des milliers de personnes y accourront. N'est-ce pas ? Malheureusement, le petit livre est en très mauvais état, résultat de la fragilité naturelle, mais aussi notamment d'une mauvaise restauration au XIXe siècle. Comme il est si exceptionnel et un exemplaire absolument unique, c'est déjà un risque en soi de l'exposer deux jours à un public plus restreint. Pas de problème cependant, il existe un facsimilé qui a déjà été exposé plusieurs fois et aussi lors de l'exposition où le vrai petit livre était visible ces deux jours, il sera à voir à la place de l'original. Pendant ce temps, une nouvelle facsimilé est en cours de réalisation par la Fondation Alamira, le centre de recherche de la musique ancienne à l'Abbaye du Parc à Louvain.
L'original a été numériquement documenté en détail et donne des résultats encore plus remarquables que le petit livre en lui-même quand on le feuillette. Les détails qui apparaissent sont pour ainsi dire à se lécher les doigts, la meilleure nourriture pour les spécialistes. C'est maintenant une question d'attente pour voir si ce petit détail libère peut-être encore des messages secrets ou autre. Qui sait… Il est possible qu'un livre passionnant soit écrit à ce sujet plus tard : les secrets lors des danses des Bourgondes et des Habsbourg à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance à la cour de Margaretha van Oostenrijk. Les danses de cour, 58 au total, pourraient peut-être captiver l'imagination.
Basses Danses
Les basses danses étaient très appréciées dans les milieux courtois à la Renaissance. C'était une danse délicate qui, au lieu d'être exubérante et joyeuse, était bien plutôt modeste avec des mouvements presque très prudents où les danseurs glissaient presque sur le plancher de danse. Une danse dépourvue des fougues du Moyen Âge. Dans le petit livre de la gouvernante de haut rang figurent les directives nécessaires sur les pas, il y a une ligne de chant pour un ténor, mais les instruments d'accompagnement souhaités et / ou plusieurs chanteurs avec ou sans polyphonie ne sont pas mentionnés.
Info exposition KBR : www.kbr.be et www.alamirefoundation.org/nl/nieuws/het-basses-danses-manuscript-in-het-kbr-museum/
Info Fondation Alamira et le petit livre Basses Danses : www.alamirefoundation.org/nl/nieuws/documentaire-basses-danses-het-dansboekje-van-margaretha-van-oostenrijk/
Plus d'informations sur des manuscrits captivants et des partitions manuscrites sur le site de la Fondation Alamira : www.alamirefoundation.org
Photo : © kbr.be - Danses Basses, 58 instructions de danse pour Margaretha van Oostenrijk