Kavatine - Sonates Op. 109, 110 & 111
Cristian Sandrin
- Label
- Evil Penguin
- Numéro de catalogue
- EPRC 0068
- EAN / code-barres
- 0608917725520
- Date de sortie
- 6 mars 2025
Une fois la grandeur de la production de Beethoven mise de côté et nous plongeons profondément dans l'essence émotionnelle de cette musique, nous réalisons qu'il y a une abondance de caractéristiques expressives qui se cachent entre les lignes. Beethoven a écrit des indications très précises, extrêmement avancées pour son époque, mais il est clair que ses indications seules ne suffisent certainement pas pour donner vie à sa musique. Il y a tellement de nuances de piano, autant qu'il y a de variations dans les façons dont un artiste crée l'impression de crescendos, sotto voce et d'infinies façons dont nous concevons l'effet de mit inningsten Empfindung. Les partitions de Beethoven regorgent de thèmes récurrents, de relations motiviques complexes, qui attendent d'être découvertes, des fragments de mélodies qui se répètent sur des périodes plus ou moins longues. Un artiste doit utiliser ces éléments reconnaissables, les imprégner d'une certaine expression individuelle, pour construire le récit, un voyage psychologique sur le devenir et la multitude d'états émotionnels tourmentés et affirmant la vie qui font partie du processus de transformation. Nous parlons des Sonates pour piano de Beethoven en les comparant avec sa musique orchestrale ou ses quatuors à cordes. C'est pour cette raison précise que j'ai inclus l'arrangement rarement joué de Tausig du Quatuor à cordes n° 13 de Beethoven ici, dans mon album de piano solo. J'aime imaginer que Beethoven a composé des parties du quatuor à cordes n° 13 assis à son piano, la topographie du piano étant à l'origine même de ces phrases destinées aux cordes. La section centrale est reminiscente de l'Arietta de sa Sonate pour piano en la bémol majeur op. 110, présentant de nombreuses similitudes dans l'ambiance suggérée par la tonalité d'la bémol mineur, des instructions d'articulation idiosyncratiques similaires apparaissent également dans la mélodie. Cet arrangement pour piano court, Kavatine, est un épilogue à la sérénité de l'op. 110 mais est aussi le chemin menant aux harmonies insondables de l'op. 111.