The London Recordings Vol. 1
Arturo Benedetti Michelangeli
- Label
- The Lost Recordings
- Numéro de catalogue
- TLR 2203042
- EAN / code-barres
- 0196587301422
- Date de sortie
- 2 février 2023
- Nombre de CD
- 2
Ces enregistrements ont été exhumés des archives de la BBC. Tous les travaux de restauration ont été effectués à partir des bandes magnétiques analogiques originales. Les œuvres présentées ici proviennent d'une session historique dans les studios de Londres le 30 juin 1959. Pendant des décennies, les pianistes et musiciens du monde entier ont vénéré cet enregistrement, qui n'était connu auparavant que sur vidéo. Il était important pour nous de finalement le sortir en disque. En recherchant la vidéocassette dans les archives de la BBC, nous avons découvert la bande stéréo analogique oubliée à partir de laquelle nous avons pu restaurer ce moment incroyablement émouvant de l'histoire. Londres, 8 avril 1982. Le public attend devant la Royal Festival Hall et espère que l'immense Arturo Benedetti Michelangeli jouera - lui qui avait l'habitude d'annuler ses concerts au dernier moment quand il jugeait qu'aucun des deux pianos l'accompagnant n'était capable de rendre les couleurs que son esprit et ses doigts devaient sculpter. Quant aux ingénieurs de la BBC, ils se demandent s'ils seront en mesure de placer leurs microphones et leurs caméras : Sergiu Celibidache a une aversion profonde pour l'enregistrement, soutenant que la musique est un « Art du moment » et que les microphones sont incapables de rendre toute la richesse harmonique et de permettre de comprendre ses choix de tempi, déterminés par les paramètres acoustiques du moment. Il faudra non pas un mais plusieurs miracles. Ils auront lieu ce soir-là. Les exigences extrêmes, la vision de la musique, la confiance et la compréhension que ces deux légendes ont partagées depuis la fin des années 1960 y contribuent. L'approche du pianiste est celle d'un Prince. Il secoue un mouchoir noir discret des deux mains. Le Maestro Celibidache emboîte le pas. Ce soir, ils jouent la dernière œuvre orchestrale de Maurice Ravel - son Concerto en sol, que le compositeur avait prévu d'exécuter lui-même sur « les cinq continents » avant que sa santé fragile ne le persuade d'y renoncer. Réussir à exprimer la beauté avec une telle évidence et une telle simplicité est l'apanage des génies dont la capacité à suspendre le temps est ressentie par l'auditeur. Comment ne pas se souvenir de ces paroles d'André Malraux en écoutant le deuxième mouvement ? « L'art a pour fonction de soustraire quelque chose au temps, de suggérer le monde des vérités, au regard duquel toute réalité humaine n'est qu'une apparence... d'apporter une réponse à la question que pose à l'homme sa part d'éternité ».