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Alamire Foundation présente : nouveaux projets, nouveau CD Sollazzo

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· 4 min de lecture
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Alamire Foundation présente : nouveaux projets, nouveau CD Sollazzo
© RC/KC

Être invité à une conférence de presse par une belle journée de printemps dans un bel endroit avec ensuite un beau concert, quel journaliste y résisterait ? De ces journées de printemps de fin avril, tu as sans doute pu en profiter toi aussi et peut-être cet endroit t'est-il même familier, l'Abbaye de Park à Leuven.

En tant qu'amateur de musique, tu sais peut-être que le premier bâtiment de porche de ce site abbatial est la Maison de la Polyphonie, le siège de la Fondation Alamire. Mais cette conférence de presse s'est déroulée dans un autre bâtiment de porche, encore plus grand sur ce site abbatial, dans la Porte Norbert, car c'est là aussi qu'est installée une partie de la Fondation. C'est un lieu de travail très important, sinon le plus important ! Il porte le nom de « Library of Voices ». C'est là en effet qu'est installé leur laboratoire numérique mobile avec lequel ils peuvent se déplacer partout dans le monde pour numériser les manuscrits musicaux, tout le patrimoine de la polyphonie des 15e et 16e siècles, où qu'ils se trouvent.

C'était un vrai coup d'éclat quand l'équipe a pu numériser et rendre accessibles plus de 13 500 articles en 2012 provenant des bibliothèques du Vatican dans leur base de données IDEM, la Integrated Database for Early Music. Et il y a encore beaucoup à découvrir. Maintenant, ils veulent au cours des années à venir s'attaquer systématiquement à des sources musicales connues et encore inexplorées des États baltes et d'Europe centrale, liées aux Pays-Bas. Ainsi, la Fondation Alamire veut non seulement rendre accessibles tous ces précieux manuscrits pour la recherche scientifique par les musicologues, mais aussi permettre une valorisation musicale, rendre à nouveau audibles ces œuvres et rechercher de nouvelles pratiques d'exécution, le tout en collaboration avec des musiciens professionnels et des ensembles spécialisés.

Avec le Sound Lab, ils peuvent aussi étudier la stratification, les voix individuelles qui ensemble forment la texture polyphonique, mais aussi expérimenter avec l'acoustique historique de certains espaces et en ajouter par exemple. La Fondation Alamire adopte donc aussi l'IA (bien oui) et la XR (« Extended Reality Technology ») pour concevoir des installations immersives dans lesquelles les visiteurs peuvent expérimenter cette musique historique dans son contexte acoustique original. Un tel espace d'expérience immersive, un dôme virtuel de la polyphonie, sera installé dans l'église des Jacobins à Leuven. C'est le prochain projet avec lequel le directeur Bart Demuyt veut se lancer pour LOV 2030, quand Leuven sera Capitale européenne de la culture. Une telle immersion dans une représentation multidimensionnelle tant de l'aspect visuel qu'auditif de la musique polyphonique a déjà été réalisée l'année dernière lors de l'exposition « Kennis in Zicht » à l'occasion des 600 ans de la KU Leuven et c'était l'Ensemble Sollazzo qui en était responsable.

Il était grand temps, a pensé Bart Demuyt, de présenter leur nouvel album : Flamboyance, réalisé à la demande de la Fondation Alamire. C'est une référence à la dernière phase de l'architecture gothique où tout est devenu plus luxuriant et exubérant et il en était de même pour la musique. Tu peux tout lire sur ce changement sonore de l'époque dans le bel essai de Pieter Mannaerts dans le livret du CD. Cela va sans dire que les termes « luxuriant » et « flamboyant » s'appliquent aussi à l'exécution, on entend un ensemble étendu (20 !) dans une ambiance pour le moins intense et festive, dir. Anna Danilevskaia.

Phaedrus Ensemble


[caption id="attachment_55167" align="alignleft" width="300"]Mara Winter (traverso), Miriam Trevisan (zang), Liane Schneider,Charlotte Schneider en Luis Martinez Pueyo (traverso) Mara Winter (traverso), Miriam Trevisan (chant), Liane Schneider, Charlotte Schneider et Luis Martinez Pueyo (traverso)[/caption]

Parmi ces musiciens jouait Mara Winter, une spécialiste de la flûte médiévale et de la Renaissance. Elle était ce jour-là avec son groupe Phaedrus en visite dans l'église abbatiale du festival Passion des Voix. C'était le couronnement du tout. Quatre musiciens sur les formes les plus simples de ces anciens traversos, sans clés, sans embouchure, du soprano à la basse, accompagnés par un tambourin et un luth plus une chanteuse.

Ils ont apporté une sélection de Chansons provenant des collections de Marguerite d'Autriche et de Maximilien Ier, bridgeant ainsi la tradition bourguignonne et habsbourgeoise. Des perlettes de Henri Isaac, Josquin des Prez, Johannes Okeghem et d'anonymes notamment du Chansonnier de Leuven (La plus dolente…), avec ou sans arrangements de Mara Winter, qui n'hésite pas à expérimenter aussi avec des arrangements à trois ou quatre voix. Une familiarisation caressante avec cette ancienne pratique du consort de traverso, complétée par un tambourin, un luth et une voix. Un ensemble charmant avec des sons chauds, doux mais parfois aussi vifs. Une nouvelle illustration de cette passion de la Fondation Alamire pour mettre en lumière le répertoire moins connu d'une « autre » manière.

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