La 14e Bach Academie Brugge vise l'essentiel. Si vous additionnez les « valeurs de lettres » du nom Bach, vous arrivez en effet à 14, un chiffre qui réapparaît régulièrement dans la musique du célèbre compositeur. Collegium Vocale Gent et Philippe Herreweghe mettent en lumière le côté sombre et joyeux de Bach dans deux concerts et présentent à nouveau une poignée de jeunes solistes au public brugeois. Les Muffatti viennent à Brugge avec trois des concertos solo de Bach et Ensemble Explorations creuse profondément dans l'Art de la Fugue. Isabelle Faust rend ensuite l'intimité aux œuvres solo de Bach pour violon. Francesca Ajossa emmène le public pour la première fois à la découverte de l'orgue historique Van Bever dans l'église des Carmes et regarde – tout comme l'artiste maison du Concertgebouw, Vox Luminis – au-delà de Bach. Le chorégraphe Noé Soulier, la pianiste Heleen Van Haegenborgh et l'artiste visuelle Lulu Cuyvers prouvent que Bach inspire à travers les siècles. Les bachologues Ignace Bossuyt et Michael Maul jettent un coup d'œil en arrière, mais rapprochent ainsi Bach davantage de nous.
Bach entre grandeur et intimité
Conformément à la tradition, Collegium Vocale Gent et le directeur du festival Philippe Herreweghe assurent l'ouverture et la clôture de l'Académie. Avec trois œuvres festives – dont le Magnificat, le cantique de Marie – et trois cantates réconfortantes, ils marquent l'alpha et l'oméga de cette 14e édition. Les Muffatti optent également pour les grandes émotions dans trois concertos Bach iconiques, avec des rôles prestigieux pour la flûte, le violon et le clavecin joués par les fabuleux solistes Frank Theuns, Sophie Gent et Bertrand Cuiller. Roel Dieltiens et son Ensemble Explorations abordent l'Art de la Fugue en deux concerts, à leur manière. La violoniste vedette Isabelle Faust opte pour le minimalisme intime dans les six solos de violon de Bach.
Au-delà de Bach
Des générations de compositeurs après Bach se sont laissé inspirer par le maître. La jeune artiste italo-néerlandaise Francesca Ajossa a choisi, à côté de deux grands classiques du Cantor de Saint-Thomas en personne, des œuvres de trois grands – Mendelssohn, Schumann et Distler – à l'orgue, dont même une fugue sur les notes (allemandes) B-A-C-H. L'artiste maison Vox Luminis suit quant à lui les traces du Requiem allemand de Brahms. Sous le titre Ein Deutsches Barockrequiem, l'ensemble vocal dirigé par Lionel Meunier réunit des motets de Christian Geist, Johann Philipp Förtsch, Andreas Hammerschmidt et Johann Hermann Schein, des compositions du 17e siècle qui ont guidé Brahms dans ses choix de textes.
Bach autrement
Bach comme point de départ pour la danse et la musique nouvelle, c'est aussi ce que représente la Bach Academie. Inspiré par les modèles de composition baroque, Noé Soulier explore dans Faits et Gestes sur les notes de Bach et Froberger comment nous percevons et interprétons les mouvements, une collaboration avec le Cultuurcentrum Brugge et Dans in Brugge. À son piano qu'elle prépare avec des fils de nylon, Heleen Van Haegenborgh brode des réflexions délicates sur Bach, une commande du Concertgebouw Brugge et de KAAP. L'artiste visuelle Lulu Cuyvers poursuit en brode avec une création basée sur la dentelle, une suite de ce que le duo a réalisé sur invitation de Liesa Van der Aa pour le festival AMOK 2022 de KAAP.
Bach en paroles et en images
La Bach Academie donne également la parole à des bachologues avertis. Bach devient le guide d'une conversation entre Philippe Herreweghe et Michael Maul, directeur, chercheur et programmateur des Archives Bach de Leipzig. Maul présente également dans une sélection d'images sa biographie de Bach. Le spécialiste de Bach Ignace Bossuyt assure traditionnellement les explications nécessaires dans un cours d'écoute et des avant-concerts.
La Bach Academie Brugge se déroule du 16 au 21 janvier 2024.
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