Aller au contenu
Traduit automatiquement · original
Critiques

Quatuor à cordes avec pianiste : point culminant du Jazz Middelheim

R
· 5 min de lecture
Partager cet article
Quatuor à cordes avec pianiste : point culminant du Jazz Middelheim

Pour Klassiek Centraal, il est bien permis de discuter une journée de Jazz Middelheim, d'autant plus quand un quatuor à cordes est aussi au programme. Nous avons donc choisi le meilleur jour, le dernier jour !

Et le premier point culminant de cette journée mémorable du 15 août dans le Parc Den Brandt d'Anvers était Aka Moon, le trio du saxophoniste Fabrizio Cassol. Avec sa silhouette frêle et sa chevelure luxuriante, il a mené ses compagnons vers son univers polyrhythmique bien connu. Est-ce du jazz ou pas, c'est en tout cas LA marque de fabrique d'Aka Moon. Aujourd'hui complété par un invité portugais, l'accordéoniste João Barradas. Et c'était bon pour une heure et demie de plaisir collectif de jeu, improvisant et répété, travaillé et inventé sur place. Fabrizio Cassol au mieux de sa forme, plein de feu encourageant ses solistes à donner plus et tirant lui-même le meilleur de son saxophone. Soutenu par ses compagnons : le batteur Stéphane Galland et un contrebassiste presque percussif et impressionnant Michel Hatzigeorgiou. Tous les quatre ont reçu avec joie et bonheur des applaudissements ovationnels pour ce concert tonitruant. C'est une année de fête pour Aka Moon, trente ans maintenant, depuis 1992. Et puis encore en formation de quatuor, avec l'accordéoniste João Barradas en plus, électrique et acoustique. Trente ans, aussi jeune qu'Aka Moon lui-même. Ils se sont rencontrés quand Barradas a participé au fameux festival Medina de Fabrizio à Aix-en-Provence où il invite des jeunes de la région méditerranéenne à jouer ensemble. Pour Barradas, c'était une véritable découverte. Et le saxophoniste est devenu son mentor.

© Alexander Popelier
© The Blue Llama Jazz Club

Un tout autre style nous avons entendu au Kurt Rosenwinkel Trio. Depuis des années une forte personnalité sur la scène de jazz et guitariste virtuose. Indéniablement plus jazzé mais pas aussi séduisant et attachant que chez Aka Moon. Beaucoup plus dans la « tradition classique » de ses contemporains de la scène musicale new-yorkaise des années quatre-vingt-dix et avant, avec des morceaux en tempo rapide et des ballades.

Puis encore un guitariste a pris la scène, le Philip Catherine Piano Trio. Et aussitôt on entendit une série de standards, aussi inusables que lui-même. Guitare, contrebasse et piano, presque sans ornements, vrai jazz de trio, pas de batterie : exposé du thème et à tour de rôle chacun improvisant en tant que soliste, comme on l'entend depuis des années dans le jazz. Et c'est plus long que l'âge de notre guitariste qui aura 80 ans cet automne. Du jazz comme nous le connaissons lui et cette musique depuis des années et swingant comme aucun autre. Ce son de guitare qu'il a, on le reconnaît parmi mille. Tout comme cette combinaison de notes qu'il en tire. Gracieux, intime, classique. C'était un Philip Catherine sérieux, qui surprend généralement ses auditeurs avec une plaisanterie. Il n'a pas pu s'en empêcher cette fois non plus. Quand il devait annoncer son invité, un violoniste, il a oublié son nom, a mis le public sur la mauvaise piste en commençant à prononcer le prénom d'un autre légendaire violoniste de jazz « Stéphane…….euh, non…. Alexandre Cavaliere. » De l'humour typique à Catherine. Et avec Cavaliere comme violoniste, l'ambiance du concert s'améliorait encore. Notamment avec Broken Wing qu'il jouait souvent avec Chet Baker. C'était un concert calme et intimiste, Philip Catherine au mieux de sa forme. Pourtant un peu de sentiment à la fin quand il a apporté en tant qu'artiste engagé encore sa propre version de l'hymne national ukrainien.

© Jos L. Knaepen
© Bartosz Hadala

C'est devenu vraiment classique quand le pianiste américain Fred Hersch s'est présenté sur scène avec son batteur et son contrebassiste, mais aussi avec un quatuor à cordes. Inédit à Jazz Middelheim, je pense, mais pas dans le monde de Fred Hersch. Quatuor, pianiste, batterie et contrebasse, tous avec partition. Ils jouent des pièces de Breath by breath, son dernier album portant le même titre. Et ce quatuor est l'Anversois Desguin Kwartet, aussi jeune en tant que quatuor et pourtant déjà dans le jazz. D'ailleurs, qui parle encore de genres quand même le punkeur Iggy Pop a pu ouvrir ce festival de jazz. Les morceaux de cet album sonnent étrangement mélodiques. Prenez Rising, Falling, avec les cordes ajoutées, cela aurait pu devenir un nouveau standard bien arrangé. Toutes des compositions inspirées par ses exercices de méditation. Autrefois, ces expériences « jazz rencontre classique » s'appelaient « third stream music ». Pour la génération actuelle de musiciens, ce sont maintenant des concepts depuis longtemps dépassés. Hersch a solé et le quatuor aussi. À un concert classique, on n'entend pas d'applaudissements ensuite, ici les applaudissements ont suivi comme ils le doivent lors d'un concert de jazz quand un autre soliste commence. Il y eut encore plus d'influence classique quand Fred Hersch y a ajouté un hommage aux Kinderszenen de Robert Schumann, une Pastorale rêveuse. Cela a peut-être sonné un peu trop sweet. Et naturellement en clôture avec Thelonius Monk. Tout comme chez Thelonius Monk, le jazz progresse d'un pas avec Fred Hersch, quelle que soit la direction.

Le public s'est montré captivé par Fred Hersch, l'a rappelé plusieurs fois et il est revenu plusieurs fois, avec le trio et à la fin aussi en solo. Vedette de la soirée.

  • OÙ : Jazz Middelheim, Park Den Brandt, Antwerpen
  • QUAND : lundi 15 août 2022
  • QUI :
    • Aka Moon ( Fabrizio Cassol [saxophone], Michel Hatzigeorgiou [basse], Stéphane Galland [batterie], João Barradas [accordéon])
    • Kurt Rosenwinkel Trio (Kurt Rosenwinkel [guitare], Doug Weiss [basse], Greg Hutchison [batterie])
    • Philip Catherine Trio (Philip Catherine [guitare], Nicola Andrioli [piano], Bart De Nolf [basse], Alexandre Cavaliere [violon])
    • Fred Hersch Trio (Fred Hersch [piano], Clemens van der Feen [basse], Jonas Burgwinkel [batterie]) avec Desguin String Quartet (Wolfram Van Mechelen [violon], Ludovic Bataillie [violon], Rhea Vanhellemont [alto], Pieter-Jan De Smet [violoncelle])
Partager cet article

Commentaires

Aucun commentaire pour l’instant. Soyez le premier à réagir.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont relus avant leur publication.

FR