Les concerts en plein air dans la région Anvers prospèrent. Il y a Jazz Middelheim, devenu entre-temps un classique. Dans le domaine provincial De Schorre à Boom, la deuxième édition de 'Lekker Klassiek' aura lieu cette année et le prince Simon de Merode récidive pour la troisième fois avec une comédie musicale en plein air sur son spacieux domaine à Westerlo. Une belle alliance entre patrimoine culturel et une comédie musicale qui s'inscrit en outre dans le festival urbain 'Antwerpen Barok 2018 Rubens inspireert'.
À partir de zéro
From scratch, un scénario a été écrit. Il faut le dire, Luc Stevens (mise en scène & scénario) n'a pas composé une petite histoire improvisée. Des recherches historiques rigoureuses ont été menées dans un processus créatif réfléchi et raisonné. Le public verra une évocation de l'esprit de l'époque et l'évolution de Rubens par étapes : du jeune homme curieux et talentueux, ensuite apprenti peintre et finalement maître Rubens, le peintre célèbre et génial. Il y a le contexte social et politique auquel, avec une liberté poétique, une quête a été ajoutée. Rubens, l'homme à qui tout réussit, face à un peintre/contemporain frustré (Oscar Jod) dont la carrière n'avance pas et qui médite une vengeance. Le film Amadeus, dans lequel la relation entre Mozart et Salieri était esquissée, a-t-il été une source d'inspiration ?
Lieu
Le cadre confère naturellement un charme supplémentaire à la représentation. Le majestueux château de Merode et la grandeur de la nature impressionnent les visiteurs. La chaleur d'août, le calme des feuillages en soirée, le décor naturel, les contours du château et les silhouettes des arbres, tout contribue à créer une atmosphère particulière. Le coucher de soleil colore le ciel en rose, en orange, jusqu'à ce que la nuit tombe d'un noir profond, rempli d'étoiles. Dans ce cadre unique, les sens sont stimulés : l'ouïe, la vue, l'odorat.
Décor et costumes
La scène est construite au-dessus du large fossé du château et s'appuie contre le mur du château. La construction me fait penser, d'une certaine manière, à la cour intérieure de la Maison Rubens. Le décor est extrêmement sobre, mais le remplissage est ingénieux et magnifique. Un mur allongé, dont la structure et la couleur des pierres s'accordent bien avec celles du château. Le mur est construit à partir d'une série de rectangles successifs, séparés par des colonnes, entre lesquels une profusion de matériel visuel est projeté selon le lieu de l'action. Les nombreux chefs-d'œuvre de Rubens sont largement présentés dans une explosion de couleurs éclatantes, ses études préalables en esquisses rudimentaires. Lorsqu'il lutte contre une période de déclin, par analogie avec le blocage de l'écrivain d'un écrivain, tout prend une teinte grise et pâle. L'image finale est simplement magnifique, un décor comme un cabinet de curiosités dans un langage visuel raffiné. La mise en place des personnages principaux, la responsabilité de Marnix Baert, est riche. Les centaines de figurants et de danseurs changent régulièrement de costume, ce qui fait de la comédie musicale Rubens aussi un peu un drame costumé.
Mise en scène, musique, chorégraphie et interprétation
Le metteur en scène Luc Stevens maîtrise tout parfaitement. Les scènes de masse alternent avec des cadres intimes, des monologues, des duos, des chants en chœur… et tout s'emboîte comme un mosaïque soigneusement composé. Des chanteurs de haut niveau sont utilisés comme solistes : Jan Schepens est en grande forme en tant que Rubens et traverse les différentes étapes d'artiste tourmenté, la mort de sa femme et de son enfant dans une expérience émotionnelle poignante et purificatrice, le ravivement d'un nouvel amour, le printemps en automne de sa vie avec flair. Et il finit dans une résignation raffinée et un hymne à la vie. Schepens en fait un beau voyage théâtral, tantôt baroque et tantôt subtilement nuancé musicalement. Hans Peter Janssens, en tant que peintre Oscar Jod, crée un personnage rigoureux. La construction de sa querelle avec Rubens se fait systématiquement et se termine par une catharsis impressionnante, sa voix puissante comme une flamme. La composition de Sam Gevers est impressionnante et provoque des frissons. Nordin De Moor incarne le peintre Matthias Apostel. Il vit pleinement la vie d'artiste et apporte la note comique. Tout comme le ténor Glenn Desmedt dans le rôle du Duc narcissique et fou de Mantoue. L'homme a une belle voix et la laisse retentir. Sébastien De Smet a reçu pas moins de quatre rôles : Alva, Maître Van Veen, Caravaggio et Daniël Fourment et donne à chaque personnage sa propre coloration.
En ce qui concerne les rôles féminins : la polyvalente Liv Van Aelst incarne le rôle de la mère de Rubens, Joke Van Robbroeck, généralement active à l'étranger, joue la première épouse affectueuse Isabella Brant. Elle apporte un chant raffiné avec un beau timbre qui peut être à la fois tendre et vif. Elke Buyle met en scène l'archiduchesse Isabelle, la Comtesse de la Ligne et Madalena. Un fragment accrocheur qui réapparaît régulièrement dans la musique de Sam Gevers est la chanson 'Laag over laag', qui fait référence à la fois à l'art de la peinture et à une vie qui se construit couche après couche. Le grand groupe de figurants a beaucoup d'espace pour l'expression personnelle. Jeunes et vieux jouent de manière dynamique.
Remarquables aussi sont les interventions d'un groupe restreint de danseurs de l'école supérieure Fontys Tilburg dans une chorégraphie de Florian Boutonnier. Le petit orchestre de 10 musiciens sous la direction de Sam Gevers joue organiquement dans une profusion sonore enchanteresse avec de beaux accents, doux ou vifs, selon le ton de l'histoire. Une musique qui, sous la voûte céleste, dans le magnifique cadre, crée de la magie dans l'air. La comédie musicale Rubens est intelligemment mise en scène et magnifiquement visualisée, un tableau baroque en soi. Une belle image à la fin : tous les figurants apparaissent dans leurs vêtements quotidiens sur le podium, ce qui met encore plus l'accent sur les rôles principaux. Westerlo devient en ces jours un coin de Broadway et West End.
Toutefois, une petite remarque : désagréable est bien le bourdonnement du générateur pendant les scènes intimes.
- QUI : Luc Stevens, Sam Gevers
- QUOI : Comédie musicale en plein air Rubens
- OÙ & QUAND : kasteel de Merode, vendredi 17 août