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Centre Artistique nona aussi atelier socio-artistique

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· 7 min de lecture
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Centre Artistique nona aussi atelier socio-artistique

Dix-huit comédiens forment ensemble un nouveau projet participatif « STAMPPOT » à Mechelen. La metteure en scène Maja Westerfeld en est la force motrice.

Écrivaine et créatrice théâtrale Maja Westerfeld (1985) est fascinée par les individus singuliers, les originaux et en particulier par l'ordinaire le plus banal. Pour elle, ne comptent pas seulement les belles intentions dont le monde regorge. Elle s'oppose depuis des années à la vanité des apparences. Ce qui la caractérise, c'est l'esprit d'initiative et l'esprit d'entreprise. La pauvreté et l'exclusion sociale minent l'image de soi de l'être humain. Selon l'artiste italien Michelangelo Pistoletto (il situe l'art et l'artiste dans la réalité sociale), un artiste se tient au sommet de la pyramide sociale : cela lui confère une énorme liberté, mais c'est précisément pour cette raison qu'il ne peut pas se soustraire à sa responsabilité.

Meneur de jeu

En tant qu'artiste résident du centre d'art nona, ce ne sont pas de vaines paroles pour elle. Regarder au-delà de la façade est important. Il ne s'agit pas seulement de pauvreté financière, mais aussi de pauvreté spirituelle. STAMPPOT est un refuge, un endroit où la beauté, la paix et le soutien se trouvent. La culture est le facteur de liaison. La réalisatrice Maja Westerfeld les stimule et les remet en question. Elle les sort de leur zone de confort, les fait agir, bouger, ce qui se traduit par des représentations touchantes. Chez STAMPPOT, ces personnes développent un langage artistique. Pas seulement de l'art pour l'élite, mais aussi pour la masse, le peuple. Se souvenant de la maxime de Mauriac : « Travail, opium unique », elle joue ici : ils peuvent faire quelque chose, compter en puisant dans leurs gènes artistiques et créatifs. Des gens qu'on voit sur scène dans leur plus belle et leur plus brute expression. La magie du théâtre. C'est toujours un médium fascinant. Il ne faut pas grand-chose pour être captivé. Sur la scène se tiennent Ann, Chris, Daan, Erik, Guy, Lei, Leo, Miek, Nataliia, Roksolyana, Roos, Stijn, Susan et Tom. Certains s'étaient déjà rencontrés, d'autres ne se connaissaient pas du tout. Il y a aussi du respect mutuel. Sur scène, ils s'épanouissent accompagnés par les coordinatrices de soins Marthe Vandervorst et Maya Versteele et par la réalisatrice Maja Westerfeld. Nous lui avons posé quelques questions :
  • Ce que vous faites ici s'inscrit-il dans les traces de Tutti Fratelli (Reinhilde Decleir) à Anvers ? M. W. : Oui et non, en ce sens que j'aime faire du théâtre avec des acteurs non professionnels. Eux aussi le font, mais je ne peux le faire que à ma manière. Les représentations ressemblent à autre chose que celles de Tutti Fratelli.
  • Les gens avec lesquels vous travaillez ne sont pas venus vers vous de leur propre initiative. Comment cela s'est-il déroulé ? M.W. : Cela remonte en fait très loin. Il y a dix ans, j'ai créé pour la première fois une représentation avec des amateurs à Malines. Elle s'appelait « Miserie » avec une vingtaine d'acteurs. Un groupe d'acteurs en est vraiment sorti et ils ont participé au projet suivant.
  • Comment Maja Westerfeld se positionne-t-elle dans la vie ? M.W. : Bien ! Enfin, ce qui se passe actuellement dans le monde n'est pas normal, c'est excitant. Cela impose une certaine vigilance.
  • Les personnes avec lesquelles vous travaillez viennent d'horizons divers. M.W. : Au cours des dernières années, j'ai cherché à Malines des gens qui voulaient participer à une représentation. Puis je suis allée aux cours pour adultes et effectivement aussi aux organisations pour l'aide aux pauvres. Beaucoup d'acteurs en sont sortis. Nous avons commencé une action. J'ai toujours fait cela au cas par cas. Parce que c'était sporadique à l'époque, on ne pouvait pas garantir la continuité. Si vous répétez pendant un an, un filet de sécurité social se crée. C'est là qu'est né le désir de créer une action sociale qui puisse prolonger ce filet. Pour élargir le groupe de comédiens, nous avons un partenaire différent chaque année. Cette année, c'est De Loods. C'est un centre d'art attaché à un hôpital psychiatrique. Les personnes ayant une vulnérabilité psychique peuvent s'y adresser. Nous avons lancé un appel à comédiens dans leur communauté. C'est ainsi que quelques personnes ont été recrutées.
  • « Prova Nostra » signifie « Notre répétition ». On fait irruption dans une répétition de la Toneelkring Prova Nostra. Le pur théâtre sans gadgets multimédias. M.W. : C'est surtout le plaisir qui prime.
  • Avez-vous travaillé à partir d'un script ou à partir de l'improvisation ? M.W. : Je commence par une idée. Parce que les gens aiment faire du théâtre, j'ai pensé : je vais créer une représentation autour de personnes qui font du théâtre parce que c'est très proche de leur plaisir. Ce que nous avons fait, c'est improviser sur le sol pendant un an. Pendant l'improvisation, je fais constamment un retour à l'idée originale. De là naît le matériel. Il y a une interaction entre ce que j'aime voir et ce qu'ils montrent. Il y a énormément de plaisir. Le plaisir de vivre quelque chose apporte aussi une paix mentale.
  • Était-ce difficile de leur apprendre des concepts comme l'histoire, le personnage, la construction dramatique, les conflits, la catharsis ? M.W. : Certains ont de l'expérience, d'autres montent sur scène pour la première fois mais sont tous très réceptifs aux suggestions.
  • Peuvent-ils facilement gérer les critiques constructives et la discipline ? M.W. : Ce n'est pas mon objectif principal. Ce qui prime est de créer une belle représentation. C'est du travail acharné pour moi et pour eux. Ce n'est pas très différent de travailler avec des acteurs professionnels.
  • Vous semblez avoir réuni une distribution fantastique. M.W. : J'ai deux collègues ayant une formation en soins. Ils s'occupent des soins des acteurs en dehors du plateau, ce qu'ils font de manière très rigoureuse. Afin qu'il y ait une sauvegarde.
  • Un atelier socio-artistique favorise l'apprentissage, la création et la présentation. C'est une expérience artistique vitale. M.W. : Tout cela est vrai et n'oubliez pas : avoir du plaisir. L'ambition est toujours artistique. Ils ont beaucoup à traiter. C'est un groupe très uni et chaleureux. Un collectif résilient qui s'entrelisse mutuellement par les moments difficiles et faciles.
  • On ne réfléchit généralement pas à la portée de la pauvreté, de la maladie. Comment les gens peuvent devenir socialement isolés. Avez-vous remarqué un changement pendant le processus de répétition : nous comptons, on nous voit ! M.W. : Le plus facile est que je ne sache pas quel est leur contexte ou leur diagnostic. Mes collègues dans ce projet le savent bien sûr. Quand les gens sentent qu'ils ne comptent pas dans une société, c'est douloureux. Maintenant qu'ils viennent ici répéter deux fois par semaine, c'est pour eux une raison d'aller quand même chez le coiffeur, de manger. C'est une conséquence, pas l'objectif de ce projet. C'est bel et bien une conséquence de ce projet et une conséquence très importante.
  • Il manque à notre société l'amour, la compassion, l'intelligence, l'honnêteté et l'éthique ! Le théâtre inclusif frappe contre cela ! M.W. : Je l'espère. Il existe du travail socio-artistique et j'ai beaucoup de respect pour cela. Mais je ne me lance pas dans l'histoire des gens. Je le fais délibérément pas. Pendant les répétitions, il y a beaucoup d'espace pour leurs histoires. Elles émergent spontanément. Nous y écoutons aussi. Ils s'entraident. Ils prennent soin les uns des autres. Nous avons un potentiel de comédiens entre 17 et 74 ans. Très divers aussi.
  • Une distribution intergénérationnelle. Ce qu'ils trouvent si bien : on nous permet enfin de jouer un rôle. Ils peuvent se laisser oublier un instant. On ferme la porte, le rideau s'ouvre, le projecteur de théâtre s'allume et ils entrent dans un nouveau monde. Ils n'ont pas besoin de se rapporter au monde extérieur pour le moment. S'immerger dans le moment, jouer ensemble et en jouir. Ils se sentent soulevés. Participer à ce projet, c'est vraiment prendre soin de ces personnes. J'espère y contribuer un peu à un monde meilleur.
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