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Avec Maya Levi sur la scène

J
· 3 min de lecture
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Avec Maya Levi sur la scène

Dimanche matin 14 septembre, BOZAR a été le décor d'un concert à couper le souffle que le public ne sera pas près d'oublier. Dans une ambiance intime, avec les spectateurs réunis autour des musiciens sur scène, la violoniste Maya Levy et la pianiste Marina Saiki ont créé une atmosphère où chaque note était vécue de manière directe et intense. Ce qui rendait cette matinée si particulière, c'était la combinaison de la maîtrise virtuose et de la passion irrépressible, que les deux artistes dégageaient avec une naturalité évidente.

Avant même que la première œuvre ne retentisse, il y avait une raison de célébrer. Maya Levy a officiellement reçu le Prix Caecilia 2023 de l'Association de la Presse Musicale Belge, une reconnaissance qui confirme sa place parmi les musiciens belges les plus importants de sa génération. Le fait qu'elle ait pu recevoir cette distinction au moment où elle rassemblait ainsi le public autour d'elle a donné au début du concert un caractère particulièrement festif et émouvant.

L'ouverture avec Birds in Warped Time II de Sōmei Satō a été un coup de maître. Marina Saiki a construit un paysage sonore d'arpèges répétitifs, comme une horloge mécanique mais animée qui ne s'arrête jamais, tandis que Maya Levy traçait au-dessus des mélodies qui sonnaient à la fois éthérées et chargées d'émotion. L'interaction entre la subtilité japonaise et la finesse européenne devenait tangible et retenait l'attention du public dans une tension captivante.

Dans la Sonate en ré mineur, op. 9 de Karol Szymanowski, les deux musiciens ont montré leur capacité à unir l'ardeur juvénile et la force expressive mûre. Marina Saiki a fait chanter les passages de piano généreusement étendus avec une palette de couleurs allant du vibrant puissant au velouté délicat, tandis que Maya Levy a façonné la partie de violon avec une intensité témoignant de son affinité profonde avec ce répertoire. En particulier dans le mouvement lent, un dialogue émouvant a retenti, où les contrastes entre le pizzicato et le jeu lyrique aux archets ont été élevés à une expression intime.

Avec le virtuose Tzigane de Ravel, la matinée a atteint son apogée. Cette pièce, réputée pour ses difficultés techniques, a été jouée par Maya Levy avec une bravoure qui a transporté le public. Son violon Guarneri de 1702 sonnait entre ses mains comme un instrument qui n'avait plus de secrets, et chaque glissando, double corde et pizzicato étincelant s'échappait de son jeu avec une aisance ensorcelante. Marina Saiki a soutenu ce feu d'artifice avec une sonorité riche et pulsante qui a continuellement poussé l'énergie jusqu'à la finale accablante.

Les deux artistes possèdent un palmarès impressionnant. Maya Levy, lauréate du Concours Karol Szymanowski et de Supernova, et récemment couronnée du prestigieux Prix Caecilia, a confirmé une fois de plus sa place au sommet international. Marina Saiki, formée au CNSMD de Paris et soutenue notamment par la Fondation Meyer, a montré pourquoi elle est renommée dans le monde entier pour son toucher raffiné et sa capacité à transmettre la lumière et l'humanité par la musique.

Ce qui rendait ce récital si exceptionnel, ce n'était pas seulement la technique irréprochable ou la programmation soigneusement choisie, mais surtout la passion avec laquelle les deux musiciens savaient entraîner leur public. Leur jeu n'était pas seulement une démonstration de maîtrise, mais une expérience partagée où la passion et la maîtrise se fondaient en pure poésie. Le public réuni autour d'eux sur scène n'était pas simplement spectateur, mais participant d'un voyage musical qui a laissé une impression profonde.

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