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Une beauté supérieure et une imagination exceptionnelle émanent de ce récital de mélodies, dans lequel la soprano française Sandrine Piau explore des « mélodies » qui reflètent un passage des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire (1821-1867) : Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Reflet comme exploration des nuances et de la transparence du répertoire français de lied. Ceci en contraste avec l'album précédemment publié Clair-Obscur, qui était consacré au lied de langue allemande avec accompagnement orchestral (que j'ai commenté ici). Selon les paroles de Sandrine Piau et Lea Weber : « The reflection of an image embodies the idea of an echo, the shadow of a disquieting look-alike, a manifold flickering form, diffracted, eternally reborn, with a power to bewitch and deceive. In a pile-up of delusive mirages, a kaleidoscope of meanings and sudden flashes of lightning, it interweaves the music of our lives with strange relationships, clothed with golden illusions. » Cet album comme un accumulation de mirages trompeurs, un kaléidoscope de significations et d'éclairs soudains, enveloppé d'illusions dorées, il mêle la musique de notre vie avec des relations étranges, vêtues d'illusions dorées. Le lied dans sa forme suprême nous apporte l'équilibre parfait entre texte et musique. Il n'est pas exagéré d'affirmer que l'amateur de lied est aussi un amateur de littérature et en particulier de poésie. Celui qui connaît vraiment le répertoire de lied connaît aussi les textes mis en musique. Depuis l'enfance, Sandrine Piau — je le lis dans le livret — a été fascinée par la lumière, sa beauté brillante et sa fugacité éphémère. La « rencontre » avec des compositeurs et des poètes tels que Berlioz, Britten, Duparc, Koechlin, Ravel, Gautier, Hugo, Verlaine, Baudelaire, Leconte de Lisle, Edmond Haraucourt et Mallarmé ont créé en elle un feu d'artifice de couleurs et d'éclats de lumière réfléchis. Clair-Obscur et maintenant Reflet forment ensemble un diptyque dans lequel ces émotions musicales et picturales mélangées sont reflétées. Reflet ! Aux côtés de l'Orchestre Victor Hugo, basé en Bourgogne Franche-Comté et dirigé par Jean-François Verdier, Sandrine Piau suit, en termes de niveau d'interprétation élevé, les traces de son album précédent dans lequel elle excellait également dans la création d'une atmosphère ultime et ainsi la représentation des textes. Verdier, également un clarinetiste éminent, dirige l'orchestre français avec beaucoup de panache évocateur et la souplesse tellement nécessaire pour la voix chantante. L'enregistrement transparent ne laisse aucun détail dans l'obscurité, mais est aussi chaud et sonore.