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L'humour de Rossini et la Cendrillon de qualité à l'opéra de Liège

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· 5 min de lecture
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L'humour de Rossini et la Cendrillon de qualité à l'opéra de Liège

Il y a eu beaucoup de rires à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège avec la joyeuse opéra de Rossini – si on peut l'appeler une opéra – La Cenerentola c'est-à-dire Cendrillon. Le livret n'est pas tout à fait fidèle à l'histoire connue, mais cela revient au même avec le même résultat.

Pour vivre les fêtes de Noël et du Nouvel An sur une note joyeuse, cette opéra de Rossini est idéale. L'histoire telle que dans le livret de Jacopo Ferretti et mise en musique par Gioachino Rossini, est moins chargée de drame que l'histoire que nous connaissons tous depuis notre enfance. La fin est similaire, tout comme le fil conducteur à travers l'histoire : le mauvais beau-père, les demi-sœurs jalouses et haineuses, la brève fille maltraitée et humiliée qui a été dégradée en servante de maison. Grâce aux arts magiques nécessaires, elle peut néanmoins être présente au bal du prince qui cherche une femme. Elle perd un attribut (dans l'histoire sa chaussure, ici un bracelet) en quittant la fête, le prince la trouve et l'affaire est conclue : ils se marient. La famille belle-famille jalouse peut secouer, bien que dans ce livret la nouvelle princesse arrange tout.

Dans cette opéra pleine de farces, c'est le prince qui demande à son valet de se faire passer pour lui et le prince prend le rôle de valet. Ainsi, les innombrables princesses candidates peuvent être testées et c'est pour le prince d'un angle neutre qu'il est plus facile de trouver la véritable. Le beau-père de La Cenerentola est un baron appauvri et se voit déjà baignant dans la richesse une fois que l'une de ses filles pourra vivre en tant que femme du prince.

Un décor inventif et tout ce qui va avec

Cécile Roussat et Julien Lubek ont pu se déchaîner dans la mise en scène de cette opéra. Ils ont également été responsables des décors, costumes, éclairage et chorégraphie. Ils ont choisi un décor rotatif qui était tourné par des figurants déguisés à chaque changement de scène. Alors on était dans le palais délabré du baron, puis à l'avant de sa résidence, puis dans le palais du prince, puis à nouveau dans la cour intérieure où on faisait la fête et ainsi de suite. On a encore une fois utilisé au maximum les moyens limités de la très petite scène d'opéra du bâtiment opéra liégeois. Des situations farfelues avec des costumes appropriés et des chorégraphies limitées et juste à propos complètent l'ensemble où l'on peut bien rire.

Ah, ce n'est pas une opéra que tu dois comparer à Mozart, Verdi, Wagner, mais c'est un événement agréable que tu devrais avoir vu une fois. Pour le directeur de l'opéra wallon Stefano Mazzonis di Pralafera, c'est un jeu fait pour lui. La chef d'orchestre Speranza Scapucci a eu la chance de pouvoir travailler avec un groupe de chanteurs idéal, un chœur excellent et un orchestre bien rodé. Notez bien, cette opéra apparemment légère exige un engagement maximal et plus de tous les protagonistes. La musique est extrêmement difficile pour chaque instrumentiste, choriste et soliste. Une vocalise virtuose suit l'autre, il y a à peine une note durant plus d'une demi-mesure à chanter. À mon avis, c'est trop du bien, bien trop même et donc tu dois savoir réunir les meilleurs chanteurs.

Plus d'une star sur la scène

Karine Deshayes que nous avons pu récemment interviewer dans le cadre de cette opéra, est la Cendrillon 'La Cenerentola' toute désignée. Quel mezzo fluide et plein qui franchit la tessiture complète sans effort, enfile les vocalises comme des perles et se plonge dans le rôle d'une jeune fille timide de 18 ans qui ne connaît pas le monde mais qui aimerait tellement se l'approprier. Il en va de même pour les autres chanteurs. Le prince, le ténor sud-africain Levy Sekgapane (également en début à Liège tout comme Deshayes), est phénoménal dans son interprétation. Son rôle est peut-être le plus difficile. Tu dois être un ténor héroïque, léger et à la fois portant très loin. C'est donné à peu et il le fait sans peine. De plus, chaque rôle doit avoir une part généreuse de talent d'acteur. Quelque chose qui apparaît pleinement chez chacun grâce à la main de metteur en scène forte, le plaisir dans l'histoire et la forte cohésion du groupe sur et hors scène.

Prenez maintenant le valet Dandini chanté par Enrico Marabelli… Tu te tordras de rire avec ses humeurs, mais essaie de le chanter… Et puis ce baron insupportable, Don Magnifico, qui est interprété de façon très vivante par Bruno De Simone. La fée est ici un magicien qui a été habilement présenté par Laurent Kubla. Les deux demi-sœurs jalouses, en plus de cela des vilaines filles aussi (ce que vous pouvez faire avec des perruques et du maquillage, d'une belle femme une laide, osons dire répugnante), sont les sopranos Sarah Defrise et Angélique Noldus.

Pour celui qui veut bien rire lors d'une opéra de bonne qualité qui est plutôt une opérette légère avant la lettre, mais musicalement extrêmement exigeante, alors La Cenerentola comme présentée à l'Opéra de Wallonie-Liège, est le meilleur choix.


  • QUOI : La Cenerentola, opéra de Rossini
  • QUI : Chef d'orchestre Speranza Scappucci, mise en scène, costumes, décor, chorégraphie, éclairage : Cécile Roussat & Julien Lubek, direction de chœur : Pierre Iodice, chanteurs : Karine Deshayes, Levy Sekgapane, Enrico Marabelli, Bruno di Simone, Laurent Kubla, Sarah Defrise, Angélique Noldus
  • OÙ & QUAND : première, 18 décembre 2020, Opéra de Wallonie à Liège
  • PHOTOS : © Opéra Royal de Wallonie-Liège

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