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Le Chœur Radio Flamand offre sérénité et émotion

L
· 3 min de lecture
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Le Chœur Radio Flamand offre sérénité et émotion

Nomination Gouden Label – Cet enregistrement est paru il y a déjà quelques mois, mais finalement chaque moment convient pour écouter la musique religieuse, d'autant plus que cet enregistrement mérite certainement l'attention. Il s'agit en effet de deux œuvres peu connues dans une interprétation par chez nous avec le Vlaams Radiokoor et Brussels Philharmonic.

Tant du Stabat Mater que du Requiem, il existe des exemplaires bien plus célèbres dans le répertoire que le Stabat Mater de Francis Poulenc et le Requiem d'Alfred Desenclos. La découverte sur ce disque est donc d'autant plus captivante. Hervé Niquet souhaitait conclure sa série de Requiem avec ces œuvres. En tant que chef d'orchestre français, elle lui tient très à cœur. Dans le livret du disque, il explique que la musique française lui semble « propre » mieux que toute autre. Par son origine et sa formation, elle appartient en quelque sorte à son biotope. Ce ne sont pas des paroles vaines, car le disque prouve qu'il réussit également à transmettre son ressenti intense de cette musique aux chanteurs et aux musiciens.

Francis Poulenc a composé le Stabat Mater en 1950 après la mort de son ami Christian Bérard. Il avait d'abord envisagé un Requiem, mais après une visite au lieu de pèlerinage Rocamadour, il a choisi le texte médiéval du Stabat Mater. L'œuvre est caractérisée par des modulations fluides, qui incarnent émotionnellement l'histoire de la douleur de la mère à la mort de son fils. L'émotion et la finesse sont les maîtres mots de cette interprétation par le Vlaams Radiokoor et Brussels Philharmonic. Un premier point culminant est la troisième partie pour chœur a capella, O quam tristis. Dans Quis est homo, un cri de défi retentit : qui pourrait rester indifférent ?! La soliste Marion Tassou – qui n'apparaît que dans trois parties – chante un Vidit suum très poignant. Le ton est surtout suppliant et intime, sauf dans la demande de rédemption Inflammatus et accensus qui, dans sa férocité, a presque la force du dies irae d'un requiem. Il s'agit finalement aussi du « jour du jugement ». Cette partie rappelle aussi fortement la conclusion glaçante des Dialogues des Carmélites de Poulenc. Après un Paradisi gloria dramatique suit un Amen serein. Un enregistrement qui combine des timbres raffinés avec un contraste approprié.

Le même ton est poursuivi sans faille dans le Requiem complètement inconnu d'Alfred Desenclos. Cette œuvre ne figure même pas dans la Kroniek van het Requiem pourtant très complète et très intéressante, publiée sous la direction de Pieter Bergé en 2011. Le Requiem d'Alfred Desenclos a connu une longue période de création. Mentionné pour la première fois en 1956, il n'a fait ses débuts qu'en 1963, comme nous l'apprenons du récit du fils du compositeur dans le livret du disque. C'est surtout une pièce de consolation qui s'étend sur un tapis doux tissé sur les tons doux et mélancoliques de l'orgue. C'est d'ailleurs avec ce beau timbre d'orgue que commence l'œuvre, enregistrée à l'église des Jésuites à Heverlee. Même le Libera me avec le passage dies irae n'est pas violent ni effrayant. C'est plutôt une monotonie conjuratoire. Le chœur radiophonique offre, sous la direction experte et délicatement suppliante de Niquet, une interprétation qui demande à être écoutée dans la concentration et le calme.

Un dernier plus : le disque a été une fois de plus édité avec un soin extrême par Evil Penguin dans un carton dur avec un commentaire en quatre langues (donc aussi en néerlandais).


  • QUOI : Francis Poulenc (1899-1963) – Stabat Mater || Alfred Desenclos (1912-1971) - Requiem
  • QUI : Vlaams Radiokoor et Brussels Philharmonic dir. Hervé Niquet - Marion Tassou (soprano) – François Saint-Yves (orgue)
  • ÉDITION : Evil Penguin - EPRC 0032
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