C'était samedi 3 août un joyeux retrouvailles pour les fidèles participants du concert de clôture de Klassiek Leeft Meesterlijk à Knokke-Heist. Après cinq concerts plus que réussis dans l'église des Dominicains, la Sint-Margareta s'est remplie jusqu'à la dernière place.
Les attentes étaient très élevées car Dmytro Udovychenko, Florian Noack et le Kwartet Van Kuijck, Lore Binon, Wim Maeseele, Thomas Baeté, Peter Wispelwey et surtout Liebrecht Van Beckevoort avaient régalé généreusement le public depuis le 23 juillet. Maintenant, ces attentes ont été magistralement comblées par la soprano Tineke Van Ingelgem et les Boho Strings avec le chef d'orchestre David Ramael.
Après des remerciements sincères et bien mérités au maire Jan Morbee, à l'échevin de la culture Astrid Mestdach, à Rudi Van der Cruyssen, directeur de l'Académie d'art, à l'assistante Ludwina Beuckels, à Piano's Maene et à l'équipe du Centre culturel, l'organisatrice Liebrecht Van Beckevoort a donné la parole à la présentatrice Klara Katelijne Boon. Avec son éloquence enthousiaste habituelle, elle a esquissé le fil rouge du concert, qui était placé sous le thème « Cordes d'amour »
[caption id="attachment_33076" align="aligncenter" width="600"]
(c) Dries Luyten[/caption]
Récits musicaux
L'amour n'a pas manqué. Ni chez Mozart, ni chez Boho et la culture algérienne, ni chez Tchaïkovski. Les arias d'amour des opéras de Mozart sont courants. Mais ici, le choix s'est porté sur des arias de concert moins connus qui étaient destinés à compléter les opéras d'autres compositeurs, en l'occurrence Cimarosa, Vicente Martin y Soler et Paisiello. Quand on pense que Mozart les a écrits sur mesure pour des chanteuses dont il avait un faible, il n'est pas surprenant qu'ils débordent d'expression d'amour, de rivalité, de colère et de réconciliation. Pour exprimer cette gamme de sentiments, on pouvait compter sur la voix puissante, l'empathie, le pouvoir de persuasion et le talent de Tineke Van Ingelgem. Si la continuité mélodique devait parfois céder le pas à cette diversité de sentiments intenses, la ligne mélodique restait intacte dans la version de Tineke de « Laudate Dominum »
Un autre grand amour est celui du chef d'orchestre Boho David Ramael pour la culture nord-africaine, en particulier algérienne. Cela a conduit à une collaboration intense avec Salim Dada, un Algérien polyvalent de 49 ans. Il est non seulement un compositeur productif et primé, un interprète, un musicologue et un pédagogue, mais aussi un professeur de médecine. Et homme de culture et bâtisseur de ponts entre l'Occident et l'Afrique du Nord.
Les cinq « Miniatures algériennes » qu'il a composées en 2009 pour piano et adaptées en 2010 pour orchestre à cordes étaient une immersion exotique du lever au coucher du soleil. Des effets d'éclairage adaptés ont donné encore plus d'expression. Que David Ramael et les Boho's aiment raconter des histoires avec la musique était clair dès les premières mesures mystérieuses d'« Aurore de Djurdjura », qui se sont développées en un dialogue intense entre le concertmaster Peter Bogaert et l'altiste Elaine Ng.
Expérience musicale surprenante
Si Liebrecht Van Beckevoort appelait ce concert « la cerise sur le gâteau », le dernier morceau était encore une touche supplémentaire de crème sur cette cerise : la « Sérénade pour cordes » de Tchaïkovski, connue, pour ne pas dire surutilisée. Si Tchaïkovski avait pu s'énerver sur une œuvre qui n'était pas commandée mais, comme il l'a dit lui-même, « née d'une impulsion intérieure », il n'avait pas encore entendu les Boho Strings ! Ce que je pensais être un « petit bonbon » s'est avéré être une expérience musicale inoubliable et incomparable.
Ce que ces quinze musiciens basés à BOrgerHOut après ei-zo-na dix ans ont acquis musicalement confine à l'inimaginable en termes de musicalité, d'empathie, de cohésion, de stratification, de polyvalence et de timbre. La direction passionnée et les gestes de David Ramael jouent clairement un rôle dans cela. Liebrecht n'aurait pas pu souhaiter une plus belle conclusion de sa 16e édition de « Meesterlijk » et du début de son jubilé 40/20.
Maintenant, il faut attendre son 40e anniversaire, ses 20 ans de carrière, un « Klassiek Leeft Vurig » les 1er, 8, 15 et 22 février 2025 à l'église Sint-Vincentiuskerk à Ramskapelle et une tournée avec une compagnie de théâtre italienne et Stefaan Degand autour de Caravaggio. Au programme de Tineke Van Ingelgem figure sa participation à une production d'opéra allemande d'« Elektra » et la sortie du CD « Je ne t'aime pas » qu'elle a enregistré avec la pianiste Aaron Wajnberg