Devons-nous maintenant être profondément déçus, maintenant qu'il s'avère que Ludwig Van Beethoven son père ou l'un de ses ancêtres ne serait pas un véritable Van Beethoven, mais simplement un bâtard, un enfant conçu de manière douteuse?
L'examen ADN scientifiquement valide va loin et selon les dires, il fournirait des preuves irréfutables de l'origine en cas d'incertitude. Pour une raison quelconque, on a examiné à la KULeuven un certain nombre de cheveux de Ludwig Van Beethoven. Plusieurs mèches de sa chevelure luxuriante ont été coupées, avec son approbation, pour être conservées pour la postérité.
Les vraies mèches de cheveux et les autres
Des cinq mèches fiables (il en existe trois autres mais elles semblent avoir appartenu à une autre tête) les chercheurs ont obtenu le même résultat. Ils ont placé les résultats des tests des cinq mèches qui seraient de Ludwig Van Beethoven à côté de ceux d'un certain nombre de descendants flamands encore vivants de la lignée Van Beethoven. Aucune correspondance n'a été trouvée. Qui s'est mal comporté? Où et quand? Était-ce sa grand-mère du côté paternel? C'est ce que l'on semble indiquer car il n'y a ni acte de baptême ni acte de naissance de son père Johann.


Hérédité musicale ou hasard?
La grande musicalité de Ludwig et de son père serait-elle du hasard si Louis n'était pas le père de Johann et donc pas non plus le grand-père de Ludwig? Ou le Louis Van Beethoven, élevé à Malines et formé musicalement, n'était-il pas un « vrai »? La famille n'était pas particulièrement exemplaire. L'alcool, la malhonnêteté avec l'argent et oui, qui sait aussi moins de fidélité? Le talent musical est alors peut-être passé de « père inconnu » à fils Louis, puis à son fils Johann et ensuite à son fils Ludwig qui jouit d'une gloire éternelle.
Ah oui, est-ce que cela importe? Il y a toujours eu des enfants nés hors mariage – à Vienne par exemple, à l'époque de Beethoven, un enfant sur deux n'était pas sûr de savoir qui était le père… Les temps changent. Beethoven lui-même aurait eu une fille avec son amour secret. La fille en tout cas s'attacha fortement à lui et était aussi une pianiste talentueuse.
Est-ce que cela importe?
Pour les Flamands, ou devrais-je dire plutôt les Brabançons?, cela peut peut-être importer de savoir si l'homme aux racines de Kampenhout/Malines a réellement ces racines. Cela crée un lien et non des moindres. Qui ne serait pas fier de pouvoir chérir un homme de l'éternité – dans le bon sens du terme – comme un membre de la famille, du peuple? Car voilà, est-ce encore le cas? Ou est-il un « vrai Allemand »? Ce grand-père musicien hein? Faudrait-il chercher à découvrir qui était sa mère et quels hommes elle avait appris à connaître de plus près? Si cela doit importer: allons, acceptons que le petit Louis a été trouvé entre Kampenhout et Malines dans les choux-fleurs et que sa mère l'a élevé en chantant, avec pour résultat un petit-fils que nous n'oublierons jamais et qui ornera le firmament musical pendant encore bien des siècles. Qu'il soit maintenant un vrai ou un faux Van Beethoven, cela n'importe vraiment pas.

Mort par maladies du foie ou affections héréditaires?
L'examen ADN a également été utilisé pour pouvoir ou du moins essayer de déterminer la cause du décès. Un empoisonnement au plomb n'en était certainement pas la cause. Cette histoire peut donc définitivement rejoindre le royaume des légendes. Son foie n'était pas en très bon état, et cela pourrait être le résultat d'avoir bu trop d'« eau enrichie », disons de l'alcool, surtout ou uniquement du vin, en plus du café fort quotidien fait avec 60 grains de café moulus (il comptait ces grains avec soin comme un autiste à part entière…). À son lit de mort, on aurait, que ce soit vrai ou non, apporté spécialement du vin de Bonn – ses grands-parents avaient un commerce de vin – mais hélas, la livraison arriva presque trop tard. Beethoven n'aurait pu que quelques cuillerées à café de vin avant de partir vers le ciel des grandes personnalités musicales. En fait, on ne sait pas encore très précisément.
Sourd ou « un peu malentendant »?
Sa « surdité » ne peut pas être déterminée par l'examen ADN. Eh bien, il n'était pas sourd, il souffrait d'une forme extrême d'acouphènes. Il entendait certainement encore de son oreille gauche. Il n'est donc pas correct de dire qu'il n'a pas entendu les applaudissements exubérants après la première de la Neuvième Symphonie. S'il ne s'est pas immédiatement tourné vers le public, c'est probablement davantage lié à l'expression de sa gratitude envers les musiciens sur scène. Il pleurait et les remerciait. Il trouvait probablement beaucoup plus important de remercier les musiciens que de faire immédiatement une profonde révérence au public. D'ailleurs, s'incliner, devant qui l'aurait fait ce génie? Serait-ce dans son ADN pourquoi il ne voulait pas s'incliner devant « l'empereur, le roi, l'amiral »? S'incliner, nous pouvons tous le faire continûment pour Ludwig Van Beethoven et aucun ADN n'y aura d'influence. Et voilà!