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Première mondiale du musical 'Madame Bovary'

V
· 6 min de lecture
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Première mondiale du musical 'Madame Bovary'
© ISKARIOT

Tout ce qui n'est pas banal est une aubaine pour le groupe musical ISKARIOT qui se concentre sur le développement de productions originales. Le noyau artistique se compose de la même équipe responsable du développement des créations musicales au sein de Judas Producties, née d'un amour profondément enraciné pour le genre. Malheureusement, il n'y avait plus de place pour le genre musical dans le domaine artistique subventionné flamand et Judas Producties, bien qu'elle soit un pilier de représentations de qualité, n'a pas eu sa chance. Contraints de faire marche arrière. Mais… où il y a une volonté, il y a un chemin et ISKARIOT a vu le jour. Des gens passionnés par leur métier, qui osent prendre des risques calculés. Sam Verhoeven et Allard Blom, auteurs notamment des productions musicales singulières et couronnées de succès 'Lelies', 'Josephine B.' et 'Goodbye, Norma Jane', s'attaquent maintenant à un classique de l'auteur français Flaubert. Lorsque le roman a été publié pour la première fois en feuilleton dans La Revue de Paris à l'automne 1856, Flaubert a été poursuivi par les procureurs publics pour obscénité. Cela a abouti en janvier 1857 à un procès retentissant. Le roman a été révolutionnaire pour le courant du réalisme en littérature. Les chercheurs de sensations ne sont pas au bon endroit. 'Madame Bovary' a abouti à un portrait nuancé d'une femme passionnée et tourmentée en quête d'amour qui veut appartenir au beau monde avec une soif presque enfantine. Un défi artistique de le réaliser à la fois visuellement et auditivement.

Processus de création et distribution


Cette production a été entièrement développée à partir de zéro par le scénariste Allard Blom et le producteur-compositeur Sam Verhoeven qui ont collaboré avec l'artiste/auteur-compositeur Gustaph pour un style musical contrasté. Tout a été tiré du placard. Il y a un accompagnement en direct de six instrumentalistes : trois violons, un violoncelle, une contrebasse et un piano. Ils créent une richesse sonore nouvelle et créent une ambiance sonore agréable. Lors des conversations, la musique, souvent avec des nuances dans les tempi, la couleur et la dynamique, parvient à créer une atmosphère. Ensuite, elle capture la lenteur et le silence de la vie dans un village ou un moment fragile entre la tristesse et l'espoir. À d'autres moments, des fragments de bruits électroniques sont activés pour souligner la confusion et le chaos. Pour la mise en scène, on a fait appel à Jaak Lema. Avec des moyens sobres, il parvient à créer des mondes très divers. L'imagination du public est également attendue. Dans le rôle principal Sandrine Van Handenhoven qui fait une impression formidable en tant que femme passionnée et désabusée. Une interprète avec une grâce naturelle, son moi rayonnant, élégant et coquet. Elle passe discrètement dans la vie mais sur scène c'est une tigresse et elle dévoile son âme au public. Sa carrière s'est nourrie au cours des dernières années de diverses sources. Une interprète avec une voix unique et un large intérêt musical. À ses côtés Michiel De Meyer et Thomas Cammaert. Les deux acteurs/chanteurs jouent différents rôles, un hommage à la polyvalence d'un artiste. Une distribution convaincante.

Scénographie


La scène est occupée par un système de tuyaux sobres qui est perpendiculaire à la scène. À l'arrière, les trois violonistes et la violoncelliste sont visibles à travers une sorte de gaze. Côté cour à l'avant se trouve le piano à queue et à côté, plus en profondeur, la contrebasse. La représentation commence par une pulsation sonore, une sorte de battement cardiaque. Quoi qu'il en soit, la vie continue, l'horloge tourne sans relâche. Emma, dans une belle robe, monte sur la scène. Elle ouvre immédiatement ses cartes dans une digue d'une chanson. Sa voix est chaleureuse et riche d'expérience. Elle est complètement au sol : non seulement financièrement, mais aussi psychiquement. Pour elle, il n'y a qu'une seule issue : la mort. Elle écrit une lettre d'adieu et ne voit qu'une solution dans une bouteille de poudre verte et d'arsenic. Une mort longue et douloureuse où elle revoit sa vie à travers de longs flashbacks.

La légèreté insoutenable de l'existence


Le vide et l'ennui est son sort. Élevée dans un environnement agricole, elle en veut plus à la vie. Lorsqu'un médecin vient soigner son père, elle tente de le séduire par ses charmes pour échapper à l'étroitesse bourgeoise. Un mariage avec le docteur Bovary doit lui permettre de réaliser ses rêves d'une vie comme celle des riches : dîners, représentations d'opéra, excursions à Paris. Ils s'installent. Aussitôt, elle commence à dépenser sans compter. Des images apparaissent au fond, disparaissent et se transforment. Bien qu'invités ici et là, elle reste une étrangère. Le mariage s'avère aussi être une désillusion. Son mari n'est qu'un simple médecin de village. De plus en plus, elle se trouve piégée dans une existence provinciale. Elle se meut sur la scène comme un animal en cage et continue de s'accrocher à un bonheur illusoire et inaccessible et s'enfuit dans des relations extraconjugales avec Léon et Rudolphe. À l'opéra, ils regardent Lucia di Lammermoor de Donizetti, un livret sur le désespoir amoureux ! Elle achète l'amour d'un jeune amant avec une profusion de cadeaux… Son amant y met finalement un terme. L'amour ne s'achète pas. Son amour de substitution le repousse. Sandrine Van Handenhoven réussit à transmettre au public les fascinations et les pulsions de l'être humain, les mouvements sombres de l'âme. Thomas Cammaert incarne le médecin rural avec bonne volonté et naïveté. Il veut satisfaire sa belle femme en tout. En amour, il est lui-même plutôt maladroit et sans imagination. Le détaillant de mode, il le joue avec verve et allant. Lui aussi a quelques belles chansons à chanter. À la mort de sa femme et trompé à plusieurs reprises, il reste un homme brisé.

Michiel De Meyer joue quant à lui le serviteur, l'apothicaire et le jeune amant dans des incarnations convaincantes. Le chant est sa seconde nature. La mise en scène est construite avec des mouvements d'onde réfléchis, avec des pics où Emma Bovary s'enivre complètement à un bal et sort de ses gonds, un peu plus loin, il y a aussi une belle chorégraphie d'une valse et la jeune étudiante sait bien se déhancher. Les scènes de sexe sont discrètes et suggestives. Beaucoup de soin a été apporté à l'éclairage et aux costumes.

Quel que soit le rôle que tu joues, peu importe, tant que l'identification mythique s'opère et là, les trois protagonistes y parviennent parfaitement.

Sam Verhoeven et Allard Blom ont concrétisé une fois de plus leurs ambitions artistiques avec brio. Une comédie musicale où l'énergie et la charge émotionnelle se croisent continuellement. Les attentes ont été aisément satisfaites. Que dis-je : surpassées ! Le public s'est levé spontanément pour une standing ovation chaleureuse.

Tags concert
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