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Critiques

Sauvage Der Freyschütz de Carl Maria von Weber

L
· 3 min de lecture
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Sauvage Der Freyschütz de Carl Maria von Weber
© Ricercar

Si le « franc-tireur » visait les loups ou si les loups poursuivaient les francs-tireurs, votre critique ne le sait pas et ce n'est même pas important car le Wolf en question n'est pas cette proche famille du chien, mais plutôt un ensemble musical qui s'allie très bien au franc-tireur, soit Der Freischütz.

Comment faisait-on connaître les grandes œuvres musicales comme les opéras et les symphonies au grand public ou comment les apportait-on à des gens qui ne pouvaient pas se permettre de visiter les salles coûteuses à l'époque où n'existait pas la moindre forme d'enregistrement sonore qu'on pouvait écouter à la maison ou n'importe où ? C'est tellement évident aujourd'hui dans notre époque gâtée. Tu cherches simplement sur un moteur de recherche, par exemple, « Der Freyschütz » et tu obtiens bien trop de choix. Revenons un peu dans le temps et découvrez un support électronique sur lequel on pouvait écouter la « publicité » pour un tel opéra au cours du 19e siècle.

Carl Maria von Weber (1786-1826) n'était pas seulement un cousin de l'épouse de Mozart, Constanze, c'était aussi un compositeur méritant dont l'œuvre est restée plutôt limitée. Son œuvre la plus connue est incontestablement Der Freyschütz, un opéra romantique. C'est une œuvre tardive qui était « révolutionnaire » quant à la manière de composer, tellement intéressante d'ailleurs que Richard Wagner en a pris exemple et s'y est fortement basé.

L'opéra en question méritait une plus grande notoriété pour que chacun ait envie d'aller l'écouter. Cela ne pouvait se faire que par des affiches et des critiques dans les journaux, mais certainement aussi par des arrangements pour des ensembles plus petits, dont souvent des ensembles à vent. C'est ainsi que Karl Flachs de Berlin s'empara de la partition et l'arrangea en 1822, très peu de temps après la première de l'opéra, pour bois. Flachs s'en tint à l'essentiel de l'opéra, à savoir l'ouverture et tous les morceaux vocaux importants (solo et chœur). L'arrangement devint presque aussi populaire que l'opéra lui-même, mais l'arrangeur restait un inconnu silencieux.

L'ensemble de bois Wolf, originaire de nos terres et fondé en 2012, vient finalement de réaliser un enregistrement de cet arrangement « Der Freyschütz, romantische Oper, C. M. v. Weber, arrangirt in Harmoniemusik » comme l'indique la page de titre et complété par des pièces de vent originales de Weber lui-même : un Adagio et Rondo redécouverts et une joyeuse valse avec trio qui termine agréablement l'enregistrement. Jean-Philippe Poncin qui dirige l'Ensemble Wolf et ses collègues ont fouillé profondément dans les archives, ont découvert et corrigé d'innombrables erreurs qui s'étaient glissées dans les anciens enregistrements et ont « restauré » l'œuvre en détail en collaboration avec Guy Van Waas qui a apporté beaucoup de soutien moral à l'ensemble dès son lancement et continue de le faire. Le résultat de tout ce travail est un enregistrement que tu dois vraiment écouter et une fois que tu l'auras fait, ce ne sera pas la seule fois.

L'Ensemble Wolf est une valeur sûre et avec cet enregistrement qui constitue une forte référence, il saura remplir (on l'espère) encore de nombreux lieux de salles combles. Rends-toi heureux et rends les autres heureux et procure-toi le cd ou l'enregistrement numérique et en profite.

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