Domenico Scarlatti, 17 sonatas
Aldrés Alberto Gómez
- Label
- Vanitas
- Numéro de catalogue
- VA 12
- EAN / code-barres
- 8436556732379
- Date de sortie
- 2 août 2018
L'activité dans la maison du très jeune Domenico devait être pleine d'une activité musicale frénétique. Les engagements de son père, le grand Alessandro Scarlatti, dictaient le rythme quotidien de la maison ; des librettistes étaient reçus, des répétitions étaient organisées, des partitions étaient corrigées, des instruments étaient accordés. Malgré l'importance considérable que les conservatoires napolitains avaient pour leur formation musicale très complète, il n'existe aucune preuve que Domenico ait été attaché à l'un d'eux, sa famille et surtout son père ont pris en charge une partie du temps consacré à l'éducation musicale du jeune homme. Alessandro s'est toujours soucié de l'éducation de ses enfants, et particulièrement de celle de Domenico. La gloire considérable du père éclipsa le talent croissant du fils, c'est pourquoi Alessandro décida d'impliquer Domenico dans tous ces moments qui serviraient d'une certaine manière à construire le futur compositeur : Florence, Venise, Rome, ... Vivaldi, Gasparini, Corelli, Pasquini, ... Ottoboni, Les Académies, ... tous ces ingrédients offerts sur un plateau par le père distillaient le goût et la formation d'un musicien qui, à l'âge de 34 ans, décida d'abandonner un magnifique poste au Vatican (pour lequel beaucoup d'autres auraient vendu son âme) pour aller au-delà des mers dans l'incertitude d'un avenir loin de l'Italie. Durant sa vie, Domenico Scarlatti s'est toujours tenu à l'arrière-plan, à l'ombre des événements, sans le moindre désir de protagonisme. Créateur de quinze opéras, de dizaines d'arias, duos, cantates, oratorios et de plusieurs œuvres religieuses, ses 555 sonates pour clavecin supportent à ce jour le poids entier de sa réputation de compositeur. Burney nous laisse ce témoignage révélateur : « un jeune homme grave vêtu de noir et d'une perruque noire, qui s'était tenu dans un coin de la salle, très attentif » Il semble que Scarlatti était un homme très introverti, avec un volcan en lui qui réagissait quand il s'asseyait au clavecin. Tout, absolument tout est pensé du point de vue d'un musicien qui a consacré sa vie à jouer du clavecin, comme l'a noté Burney « désintéressé par les occupations communes et très adonné au jeu », un CLAVECINISTE en majuscules, un « maestro del cembalo » un perfectionniste du toucher, passionné par la sonorité du clavecin, un talent seulement comparable à John Bull, William Byrd ou François Couperin, selon les mots de Genoveva Gálvez « gloire de la Méditerranée ». Dans ses sonates, on peut entendre les échos de L'Armonico Pratico al Cimbalo par Gasparini, la prose mélodique de Corelli, la tradition des Partimenti napolitains, la joie des rues de Séville, l'indolence des palais de Madrid, l'humble, le prétentieux, l'obsolète et l'éternel.