Sechs Partiten
Matteo Pasqualini
- Label
- OehmsClassics
- Numéro de catalogue
- 392
- EAN / code-barres
- 4260034866843
- Date de sortie
- 11 juin 2012
- Format
- Numérique
Lorsque Johann Sebastian Bach décida de faire imprimer les six partitas, connues sous le nom de Clavier-Übung I, il emprunta une forme d'autorépresentation qui était à la fois rare et indéniablement programmatique. Le clavier se transforme en un ouvrage qui représente sa réputation : sur la page de titre, la dédicace aux Liebhaber apparaît aux côtés de la formule In Verlegung des Autoris (aux frais de l'auteur), accompagnée de la devise Denen Liebhabern zur Gemüths Ergoetzung (pour la récréation de l'esprit des amateurs de musique), qui proclame un plaisir destiné au développement du goût, non à un divertissement frivole. Dans une Leipzig où la diffusion de manuscrits restait la norme, l'impression devient un choix partisan déclaré : l'établissement d'un canon personnel et sa mise sur le marché sous le sceau de l'auteur.
Les partitas parurent à Leipzig en fascicules séparés entre 1726 et 1730 ; en 1731, elles furent regroupées en une édition complète, imprimée avec les mêmes planches, en format oblong, avec pagination et titres standardisés (Partita 1, Partita 2, etc.). La première version de la page de titre mentionne une vente sous le contrôle de la mairie, dans le bâtiment de la fille de la veuve Boëthius ; cette référence disparaît dans une édition ultérieure, et une troisième version se reconnaît à sa pagination gravée alphabétiquement. Ce détail suggère une succession de versions qui reflètent la distribution, les corrections et la restauration de l'équilibre du marché, comme cela se produit lorsque la musique fait partie d'une économie réelle. Les gravures esquissent à leur tour une diffusion géographique de l'expertise. Selon Gregory C. Butler, les Partita 1 et 2 ont été gravées par Balthasar Schmid, alors étudiant à Leipzig, tandis que les Partita 3 et 4 ont été gravées par Johann Gotthilf Ziegler, organiste à Halle et ancien élève de Bach à Weimar. La finition de l'édition de 1731, de la page de titre à la pagination, est attribuée au graveur sur cuivre de Leipzig Johann Gottfried Krügner, dont la famille s'avéra être impliquée dans la vente de la première impression. Un enchevêtrement de pratiques d'atelier, de vie urbaine et de connexions personnelles, loin de l'image abstraite du génie isolé.
Au sein de cette modernité pratique existe un fort sentiment de tradition. Bach fonda la forme externe de la publication sur la Neue Clavier-Übung de son prédécesseur Johann Kuhnau, reprenant à la fois le titre général et la désignation Partita. La structure tonale, Si bémol majeur, Do mineur, La mineur, Ré majeur, Sol majeur, Mi mineur, se réfère à une gamme complète : une annonce du 1er mai 1730 suggère que Bach avait l'intention de publier à la Foire de la Michaëlmas non seulement une sixième, mais aussi une septième Partita. On ignore pourquoi l'Opus 1 définitif compte six partitions. Néanmoins, l'idée d'un ordre supérieur demeure présente comme un filigrane, d'autant plus éloquemment qu'elle n'est pas explicitement mentionnée.
De plus, tout le matériel n'a pas été créé pour la première fois en vue de l'impression. Des traces de versions antérieures apparaissent dans un manuscrit familial de Kleine Clavier-Stücke ; les Partita 3 et 4 ouvrent le Clavierbüchlein d'Anna Magdalena ; et deux mouvements de la Partita 6, Courante et Tempo di Gavotta, sont dérivés de la version originale de la Sonate BWV 1019a pour violon et clavecin obligé. Lors de la parution de la Partita 1, un exemplaire fut offert à Emanuel Ludwig, le fils nouveau-né du Prince Léopold d'Anhalt-Köthen : la suite domestique devient à la fois un cadeau et un souvenir d'une époque de cour qui résonne encore dans les conditions rigides de Leipzig. L'année 1731 ne correspond pas à une conclusion définitive, mais plutôt au début d'une nouvelle phase de contrôle. Pour l'édition collective, Bach fit corriger les planches et graver de nombreuses indications d'exécution, ornements, liaisons legato et indications de staccato ; cependant, l'impression reste pleine d'inexactitudes. Avec l'aide de collaborateurs, plusieurs exemplaires conservés ont ensuite été corrigés à la main : les éditions critiques décrivent un groupe d'exemplaires annotés avec des objectifs variés, allant de la lisibilité à la correction des erreurs, et plus loin à l'ajout d'articulations, de tempi et surtout d'une riche ornementation souvent concentrée dans des sections spécifiques. Les exemplaires qui ont survécu et ont été catalogués, et qui sont maintenant aussi accessibles numériquement, restaurent cette œuvre en tant qu'artefact éditorial, ainsi que répertoire : le titre, l'envergure, l'écriture et la mise en page deviennent partie intégrante de la signification culturelle, car ils montrent comment Bach voulait qu'on la lise, avant même qu'on la joue.