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Festival 20/21 : le ton juste pour Les Poètes Maudits

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· 3 min de lecture
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Festival 20/21 : le ton juste pour Les Poètes Maudits

Le programme de ce récital par Lore Binon et Inge Spinette s'inscrit parfaitement dans la thématique du festival musical leuvien qui souhaite jeter un pont entre le vingtième et le vingt-et-unième siècle. Il confirme en même temps l'attention du Festival 20/21 pour les interprètes de qualité. Car on ne peut à peine imaginer un meilleur duo pour ces mélodies sur l'amour fragile, la tristesse rêveuse et la mélancolie.

Le cd avec ce programme (publié chez Fuga Liberacritique KC, décembre 2017) a été récompensé par Klassiek Centraal d'un Label d'Or, qui a été remis à l'occasion de ce concert à la Sint-Geertruikerk à Leuven. Nous avons pu nous réjouir une fois de plus de cette récompense, car l'interprétation en direct a confirmé l'approche atmosphérique et extrêmement subtile du duo. Dans leur sélection très soigneuse, Lore Binon et Inge Spinette n'ont pas seulement choisi des mélodies composées par Debussy et Reynaldo Hahn du recueil Les poètes maudits, dans lequel Paul Verlaine rassembla des poèmes de lui-même et de poètes partageant ses idées comme Arthur Rimbaud et Stéphane Mallarmé. Ils ont en outre osé les combiner avec les mélodies du cycle élégiaque et contemplatif Apparition, que le compositeur contemporain George Crumb a composé en 1979. Des mélodies apaisées sur la mort qui s'accordent merveilleusement avec la thématique symboliste des mélodies du fin de siècle français.

Lore Binon est une interprète rêvée pour ce type de répertoire. Nous l'avons déjà entendue comme une délicieuse Mélisande dans la production Impressions de Pelléas de Marius Constant (produite lors de l'édition précédente du Festival Transit Leuven, alors encore ainsi nommé, et ensuite jouée dans d'autres lieux – critique KC, août 2018). Elle a simplement l'allure de la femme frêle qui convient à ce type de musique, et elle choisit en outre une tenue réfléchie. Mais surtout : avec des fils d'une finesse extrême de sa voix au timbre doux, Binon vous entraîne dans le réseau extraterrestre de cette poésie. Elle chante les mélodies subtiles de manière délicate et d'une finesse vertigineuse, avec fluidité et sensualité, sans perdre en expression et en pouvoir de conviction. Le fait que la diction ne rend pas chaque mot clairement compréhensible devient accessoire, car l'auditeur se laisse porter par les sonorités de la parole et du piano.

Inge Spinette est extrêmement familière avec la voix. C'est une pianiste particulièrement sensible et consciente du texte, qui accompagne la chanteuse avec des doigts de velours et une attention incessante. Quelques pièces solo – tissées de manière transparente dans le récital – sont des échantillons purs à la fois de mélancolie et de raffinement. De plus, pour les pièces de George Crumb, elle passe d'un piano Steinway du 19e siècle au piano moderne, amplifié. Une illustration de la conscience du style.

Un magnifique concert. Mais ce type d'église est-il vraiment le bon endroit pour un programme aussi délicat qui demande une écoute détaillée… ?


  • QUOI : Verdoemde dichters. Claude Debussy, Reynaldo Hahn, George Crumb
  • QUI : Lore Binon (chant) & Inge Spinette (piano)
  • : Sint-Geertruikerk, Leuven
  • QUAND : jeudi 27 septembre 2018
  • DANS LE CADRE DE : Festival 20/21 (website)
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