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Trésors musicaux avec Maya Levy et Marina Saiki

J
· 4 min de lecture
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Trésors musicaux avec Maya Levy et Marina Saiki
© Bernard Tubiermont (Galleries des Minimes)
Après notre discussion antérieure du single Tzigane de Maya Levy et Marina Saiki, nous ne voulions certainement pas manquer le concert de ce duo magnifique dans le cadre de la série Muzikale Schatten le 13 février dernier à la Bibliothèque Royale de Bruxelles. Le programme s'est en effet terminé avec le captivant Tzigane de Ravel, et l'attente d'entendre cette œuvre en direct était grande. Ce qui avait déjà convaincu sur enregistrement ne pourrait que gagner en intensité dans la salle de concert.

Muzikale Schatten – au sens propre et figuré

Le titre de la série s'avérait particulièrement bien choisi. La musique au programme – des œuvres de Ravel et Saint-Saëns – peut sans doute être considérée comme un patrimoine musical de premier ordre. Mais le titre s'appliquait tout aussi bien aux interprètes eux-mêmes. Maya Levy et Marina Saiki sont des artistes de niveau exceptionnel, des musiciens qui non seulement excellent sur le plan technique, mais qui imprègnent leur jeu de vision, de raffinement et d'une conviction artistique tangible.

Que tout cela ait lieu à la Bibliothèque Royale était en soi une découverte. Celui qui connaît surtout ce bâtiment impressionnant comme dépositaire de livres, de manuscrits et de documents historiques ne s'attend pas immédiatement à une salle de concert intime où la musique peut sonner avec tant de directité et d'intensité. Pourtant, le lieu s'est avéré être un environnement idéal pour ce concert de l'après-midi. De plus, il y avait des partitions et d'autres documents à voir qui étaient liés au programme, ce qui a inscrit la musique dans son contexte historique. Le public était nombreux et a réagi dès le début avec une attention chaleureuse et de l'enthousiasme.

Un programme captivant

Dès les premières notes du Kaddish de Ravel, il était clair que ce serait un concert extraordinaire. Le violon de Levy sonnait chaud, ardent et profondément ressenti. Elle jouait avec une respiration naturelle dans sa phrasing, avec un ton qui rayonnait à la fois de vulnérabilité et de force intérieure. Saiki suivait et menait à la fois, son jeu de piano était richement nuancé et parfaitement équilibré, jamais purement accompagnateur, mais toujours dialoguant.

Dans la Habanera, le duo montrait une autre dimension du langage de Ravel : sensuel, subtilement profilé sur le plan rythmique et avec une légèreté raffinée. On voyait là à quel point ils étaient harmonieusement accordés. Chaque nuance, chaque accélération ou ralentissement était porté ensemble, sans que cela ne sonnât jamais artificiellement.

Avec la Sonate n° 1 op. 75 de Saint-Saëns, le concert prenait un caractère plus monumental. La sonate exige à la fois de la virtuosité et de la perspicacité structurelle, et les deux musiciens relevaient ce défi avec conviction. Saiki produisait un son de piano puissant et clair, avec un contrôle impressionnant de la dynamique et de la texture. Levy combinait la maîtrise technique avec une intensité passionnée qui donnait à l'œuvre une tension dramatique sans perdre en élégance. C'était de la musique à un niveau qui était sans effort digne des grandes salles de concert.

Tzigane – feu et raffinement

Le dernier morceau, Tzigane de Ravel, constituait le moment culminant de l'après-midi. Sur le single discuté précédemment, le duo avait choisi d'utiliser le luthéal, l'instrument que Ravel avait à l'origine en tête, ce qui donnait à l'enregistrement une couleur sonore particulière. À la performance en direct, l'œuvre sonnait dans la version pour violon et piano, ce qui offrait une perspective différente, mais pas moins fascinante.

La longue introduction libre du violon était tout simplement à couper le souffle. Levy construisait la tension avec une intensité presque théâtrale, sans jamais perdre la ligne musicale. Quand le piano entre en jeu, s'éploie un dialogue plein d'énergie, de précision et de raffinement. Le jeu de Saiki était ritmiquement aigu et en même temps fluide, une base solide sur laquelle Levy pouvait faire briller ses lignes virtuoses. La combinaison de la bravoure technique et du raffinement musical rendait cette exécution captivante du début à la fin.

Un tonnerre d'applaudissements mérité

Le concert captivait de la première à la dernière note. Pas un seul moment l'attention n'a faibli, aucun passage n'a été une routine. Ce que Maya Levy et Marina Saiki ont apporté, c'était de la musique au plus haut niveau, avec une intensité et une maturité qui ont laissé une profonde impression.

Les applaudissements enthousiastes et prolongés avec lesquels le public les a récompensés à la fin était donc plus que justifié. Cet après-midi à la Bibliothèque Royale a prouvé que Muzikale Schatten n'est pas un simple titre, mais une description appropriée de ce qui a été offert ici : une musique et des musiciens d'une valeur exceptionnelle.

Tags concert
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