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Peer Gynt d'Edvard Grieg dans une version non-conformiste d'OBV

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· 3 min de lecture
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Peer Gynt d'Edvard Grieg dans une version non-conformiste d'OBV
© Daniel Gordon

Quelle belle idée d'Opera Ballet Vlaanderen de programmer cette musique de théâtre captivante dans son intégralité. Les passages populaires comme Morgendeemstering et la triste Ase's dood figurent aisément au palmarès des mélodies les plus écoutées, mais la pièce dans son ensemble est à peine connue.

Toucher autant de gens que possible a certainement été le motif principal pour pourvoir le drame de Henrik Ibsen d'un « nouveau texte narratif ». Cette tâche a été confiée à Tom Goossens, entretemps un collaborateur bien connu auprès d'OBV. En 2019, j'ai été particulièrement enthousiaste de son adaptation du Macbeth de Verdi en représentation familiale Banket. Avec sa mise en scène du Le Nozze di Figaro de Mozart, il a montré qu'une histoire apparemment anodine peut dissimuler des traits humanitaires plus profonds. Avec cette histoire féerique de Peer Gynt, une sorte de « Bildungsverhaal », Goossens procède sensiblement de la même manière. Son inspiration est certainement originale, ne serait-ce que pour créer un véritable événement théâtral avec un seul personnage qui porte l'histoire. Ce personnage est joué par Tania Van der Sanden, qui, en tant que mère de Peer, enchaîne les phases de sa vie. Goossens choisit l'actrice idéale pour que toute l'action semblerait naturelle et spontanée. Elle erre, marche, va et vient autour des musiciens comme si elle vivait tout sur le moment. Ce qu'elle nous raconte semble tellement aller de soi, parfois presque naïf. Et donc très crédible. Elle adapte sa voix et son accent au passage à interpréter, parfois en dialecte ou avec une voix déformée comme dans le passage avec le Boutonnier (une louche !). En bref, une interprétation fantastique. C'est néanmoins un regret de noter que Tom Goossens se laisse parfois trop entraîner par le souci que l'histoire plaise au grand public. Son relativisation du tragique de Peer Gynt frôle souvent (ou dépasse) le ridicule et alors le « plaisant » paraît simpliste et à la fois inapproprié. En tant que linguiste, il mérite néanmoins l'admiration pour la manière dont il ne cesse de pourvoir le texte de rimes et de donner au féerique une touche surréaliste. Mais la recherche « d'une âme » comme le dénote souvent l'histoire de vie bizarre et polyvalente de Peer Gynt dans l'explication du programme, revêt parfois le caractère d'une quête ambiguë.

Il y a bien sûr aussi la musique. À ce sujet, que des louanges. Le jeune chef James Hendry a montré une dynamique énorme et a réussi à entraîner complètement l'orchestre dans les moments aventureux mais aussi dans les moments émotionnels de Peer Gynt. La magie des forêts, l'exotisme des aventures au Maroc et en Égypte, chaque tableau reçoit l'atmosphère appropriée dans l'orchestre.

Les petits rôles vocaux d'Anitra et Ingrid sont interprétés par d'excellentes chanteuses du chœur, qui d'ailleurs font un travail fantastique. Dans le rôle de Solveig, Lore Binon s'adapte comme si la partition avait été écrite pour elle. Fragile et sensuelle, elle s'insinue dans le personnage de Solveig, interprétant subtilement sa mélancolie et son désir avec une élévation céleste et un legato impeccable.

Malgré les points négatifs, une interprétation définitivement particulière qui a été applaudie par le public de la Koningin Elisabethzaal.

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