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Week-end de randonnée au Waldenfestival

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· 4 min de lecture
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Week-end de randonnée au Waldenfestival

Ce n'était pas une pluie minimaliste mais bien une pluie répétitive quand samedi le festival Walden de deux jours a commencé au Leopoldpark de Bruxelles. C'était diluvien. Pourtant, la troisième édition de ce festival était vendue. Mais la tente a tenu bon et le public aussi. Et celui-ci était beaucoup plus nombreux que lors des deux éditions précédentes.

Brussels Philharmonic et Lorenzo Gatto.

Commencer avec le Brussels Philharmonic et Lorenzo Gatto et se montrer avec trois minimalistes de haut niveau, David Lang, John Adams et Philip Glass, voilà une affiche attrayante. Les averses ont été favorables à David Lang avec sa composition Heavy Weight. Il ne fallait que patienter un peu jusqu'à ce que l'averse passe. Et le son dans la tente s'avérait plutôt correct, bien que la tente et l'estrade soient séparées. Et on reconnaît tout de suite un compositeur américain à l'œuvre. Une œuvre qui dans toute son singularité est parsemée de l'héritage sonore américain. Cordes, vents et percussions ensemble, parfois lourd puis léger et naturellement rythmé et répétitif. La source d'inspiration de John Adams pour son opéra Nixon in China lui a fourni une autre œuvre grâce à laquelle il pouvait mettre en scène Mao. « The Chairman Dances the Foxtrot ». Un foxtrot galopant, musique dansante, presque du divertissement avec ces larges bandes orchestrales, rythmé partout. Une basse continue orchestrale avec au-dessus des lignes mélodiques gracieuses. Musique sérieuse mais pas non plus de la musique de film banale et l'atmosphère jazzy n'est jamais loin.

[caption id="attachment_50615" align="alignleft" width="300"] Brussels Philharmonic avec Lorenzo Gatto (violon) et le chef d'orchestre Tom De Cock (photo Roger Creyf)[/caption]

C'est toujours très agréable de faire connaissance avec quelque chose d'autre que le répertoire « classique ». Mais le Brussels Philharmonic y est très compétent, habilement dirigé par le chef d'orchestre Tom De Cock.

Que c'est agréable de reconnaître immédiatement à partir des premiers coups d'archet de Lorenzo Gatto ce idiome indiscutable de Philip Glass, son premier concerto pour violon. Donner une place à un soliste sur ce fond minimaliste et répétitif est certes quelque chose d'inhabituel dans le genre. Un rôle plus qu'excellent et captivant assumé par Lorenzo Gatto. Le violoniste semble avoir largement dépassé les codes de son passé de concours. Chaque œuvre a eu son averse mais c'était une véritable averse qui couvrait presque les plus beaux et les plus calmes passages joués par Gatto. Mais cela n'a pu enlever à beaucoup l'émotion face à cette œuvre justement devenue populaire. Ovation debout bien sûr.

Trio Tania Giannouli


Temps alors pour un peu de jazz, mais dans une combinaison étrange de piano, trompette et oud. En jazz, tout est possible et certainement avec la pianiste grecque Tania Giannouli. Avec quelques notes presque qui s'estompaient, elle a commencé sa prestation et la trompettiste bruxelloise Jean-Paul Estiévenart a également rejoint avec des sons éthérés, tout comme son compagnon grec, le joueur d'oud Kyriakos Tapakis. « Fading Light » était donc le titre du concert et aussi de son album le plus récent. La pianiste reste dans son accompagnement des deux solistes également minimaliste et répétitive, avec des crescendos et des diminuendos. Et quand la trompettiste étouffée et réfléchie joue, « Kind of Blue » ne semble jamais loin. Magnifiquement accordés ensemble, ils sont réservés et entraînants. Pur classicisme.

Joep Beving


[caption id="attachment_50617" align="alignright" width="300"] Joep Beving (photo Roger Creyf)[/caption]

D'une tout autre envergure est ce pianiste. Quand il s'échauffait à son piano, on aurait dit qu'il répétait Bach. Très retiré, s'occupant uniquement de lui-même. Pas étonnant que son premier album porte aussi ce titre : « Solopsism ».

Il apporte du Peaceful Piano. Et en effet, en termes néo-classiques, cela s'appelle simplement du minimalisme. Ses premiers coups me font tout de suite penser à cet autre pianiste « simple » Erik Satie. C'est en tout cas un pianiste du silence et il demande au public de n'applaudir que s'il en fait signe. Et ce public est entièrement dedans et jette même des regards mauvais aux côtés vers le personnel de la restauration s'il fait encore trop de bruit. Tout cela semble très relaxant, de la musique pour le salon ou le bar, ou c'est trop peu respectueux exprimé ? Mais apparemment très bien reçu et aimé.

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