Ce n'est pas un jeu de chiffres, même si vous pouvez y ajouter le chiffre 25. Le festival qui a jadis commencé comme "Festival van Vlaanderen - Afdeling Vlaams-Brabant" existe maintenant depuis 25 ans. Mais ce festival leuvain a entretemps subi une transformation complète. L'équipe du festival voulait accorder plus d'attention à la musique du vingtième siècle lors des concerts leuvains et a donc reçu le nom Novecento et aussi pour la musique contemporaine du 21e siècle et cela s'appelait Transit. Quand ce nouveau 21e siècle est devenu "majeur" en 2018, il était à nouveau temps pour un nouveau nom. Et pour ce nouveau nom, une solution simple s'imposait. Cela devint simplement "Festival 20·21"
L'année dernière, il y avait beaucoup d'attention pour 50 ans de "Hommes sur la lune". Mais cette année aussi, nous avons pu voir pour la première fois une photo d'un "trou noir". Donc le Festival 20·21 voulait aussi voir cela en grand cette année et a opté pour une dimension planétaire, pour l'attrait de l'inconnu. Et le concert d'ouverture commence donc de manière planétaire. Gustav Holsts The Planets n'est certes pas vraiment inconnu mais la Trombone Unit Hannover en apporte une exécution qui n'a jamais été entendue. "Ce sera quelque chose de très exceptionnel" dit le directeur artistique et professeur de musicologie à la KU Leuven, Pieter Bergé : "Nous avons vraiment demandé à ces gens d'écrire cela pour nous. Comme concert d'ouverture pour notre anniversaire, ils exécuteront cette œuvre symphonique bien connue dans une version pour huit trombones et percussions. Cela donnera définitivement du spectacle."
Pieter Bergé donne aussi une lecture-récital où il introduit avec le Quator Danel deux quatuors qui repoussent les limites, le deuxième de Schönberg et la Grosse Fuge de Beethoven.
L'ensemble musical Oxalys figure aussi au programme avec de la musique de chambre britannique notamment les Six Metamorphoses de Britten, le Goeyvaerts String Trio vient avec des œuvres de Wolfgang Rihm qui "touchent l'âme" selon la brochure, sa Musik für drei Streicher. C'est précisément ce que ce festival veut : ouvrir vos oreilles à de nouvelles et étranges découvertes. Car c'est si souvent la plainte de l'auditeur après un tel concert : je ne comprends rien à cela. Pieter Bergé a écrit un essai de festival à ce sujet : Qu'y a-t-il vraiment à comprendre ? "On entend souvent dire qu'un morceau comme celui de Schönberg est difficile à comprendre, mais on peut bien le comprendre si on sait ce qui se passe. La compréhension peut vous rapprocher de la musique et c'est ce que j'essaie d'approfondir. Il y a beaucoup de facettes à cela, mais il s'agit surtout de trouver la bonne attitude d'écoute" dit Bergé.
Combinaison audacieuse : Bach et Berio
Et puis il y a aussi – comme d'habitude – un dimanche de festival très spécial. Cette fois avec une combinaison audacieuse : Bach et Roel Dieltiens avec un certain nombre de suites pour violoncelle et des solistes de haut niveau qui jouent les sequenzas de Luciano Berio. Ceux qui craignaient de subir cette combinaison audacieuse peuvent apaiser leur crainte en écoutant d'abord les conférences associées d'Ignace Bossuyt sur son Bach et de Mark Delaere sur Berio. Avec un billet journée, vous obtenez trois concerts, deux introductions et un déjeuner : divertissement de haut niveau de 9h du matin à 21h30 le soir.
À nouveau aussi le Pavel Haas quartet, avec Janacek (Intimes Briefs), Dvorak (son quatuor à cordes américain) et Ervin Schulhoff, un compositeur à la marge du modernisme. Si vous voulez entendre de la musique d'un autre magicien des sons de l'histoire musicale très récente, venez écouter le Collectif qui apporte des œuvres du spécialiste français Tristan Murail. Selon la direction du festival : de la vraie musique pour les fins connaisseurs. Avec le jeu de mots "finishing touch", le festival se termine avec une autre grandeur contemporaine, la Finlandaise Kaija Saariaho avec son Aile du songe, et le Antwerp Symphony Orchestra apporte la cinquième symphonie de cet autre Finlandais, Jean Sibelius.
Transit : bien plus qu'un peu plus
Entre tous ces concerts, vous pouvez encore entendre d'autres sons lors du week-end prolongé du vendredi 18 au dimanche 20 octobre lors de la partie Transit du festival. Cela se spécialise depuis des années dans "the sound of tomorrow" sous la direction compétente du musicologue Maarten Beirens, professeur à l'université d'Amsterdam. Concerts en fin de soirée, concerts gratuits, premières et créations, conversations sur canapé, tout dans les salles et le café du centre artistique leuvain STUK. Si je cite quelques noms au hasard ici, vous verrez immédiatement ce que vous entendrez : Wim Hendrickx, Daan Janssens, Gerrit Valckenaers, Erich Sleichim, Annelies Van Parijs, tous des noms de gens qui font les choses aujourd'hui et demain. Plus tout un tas d'invités étrangers et le tout avec des formations traditionnelles, modernistes, des choses visuelles, graphiques, extrêmes, film, vidéo, multimédia, électronique….toute la gamme.
Maarten Beirens, directeur artistique et commercial général de Festival 20·21 : "L'une des raisons pour lesquelles nous avons aussi progressivement supprimé le nom de Novecento et avons commencé avec Festival 20·21 est que, en plus du répertoire de ce Novecento, nous voulions aussi apporter des choses nouvelles qui pourraient être le répertoire du 21e siècle ou peut-être pas. Et alors vous obtenez aussi ce chevauchement intéressant des œuvres du 20e avec le 21e siècle. Un mélange et une grande diversité de classiques de demain, jeune musique et nouvelle musique. Nous sommes engagés dans l'expérience, pas tant dans la musique expérimentale – ce terme peut être très trompeur – mais avec ce qui n'appartient pas encore au canon et n'est pas évident, mais avec ce qui se passe maintenant, qu'est-ce qui nous arrive musicalement, en 2019 et après ! C'est ainsi que Transit veut être, avec ce profil très clairement et nettement défini."
- QUOI: Festival 20-21 , Muziekklassiekers van Morgen (23/9 au 25/10/2019) - Transit. The sound of tomorrow (18-20/10/2019)
- OÙ: différents lieux à Leuven (Aula Pieter De Somer, Grote Aula, Stadsschouwburg, Iers College, LUCA Campus Lemmens, STUK)
- QUI: programme