Aller au contenu
← Toutes les sorties CD
Traduit automatiquement · original

Dell’amore e del mare

Duo van Alessandra Stallone, Antonio Dambra

Réunir des pièces de trois siècles dans un même récital – et de ce fait séparées par des différences historiques et esthétiques profondes – n'est en aucun cas simple. Schubert (1797-1828), Reinecke (1824-1910) et les jeunes compositeurs des Pouilles Massimo De Lillo (né en 1974) et Luigi Capuano (né en 1984) reflètent chacun une époque musicale propre et une mentalité compositrice différente. Pourtant, ils sont ici rassemblés pour former une expérience d'écoute cohérente – une qui exige une attention soutenue plutôt qu'une absorption superficielle, car les quatre compositeurs poursuivent finalement le même objectif : incarner en musique le lien durable entre l'Amour et la Mer. Les œuvres choisies appartiennent au genre du duo instrumental, la piano accompagnant un soliste qui est ici le flûtiste. Grâce à la sonorité caractéristique « fluide » de la flûte, celle-ci se prête admirablement aux évocations de la mer, tandis que le piano, notamment dans la sonate Undine de Carl Reinecke, constitue un véritable protagoniste. Au centre de ce programme se trouve l'Introduction et Variations sur « Trockne Blumen » de Schubert pour piano et flûte, D.802, basée sur le dix-huitième Lied de son célèbre cycle Die Schöne Müllerin, composé en 1823. La mélodie, introduite par la flûte dans un murmure accompagné d'accords de piano épars, montre le meunier, acculé au désespoir, méditant sur les fleurs qu'il reçut autrefois de sa bien-aimée – des fleurs qui le suivraient jusqu'à la tombe. La deuxième partie prend un rythme de marche, teinté d'une sonorité spectrale, que Schubert associe à la vision du meunier de sa bien-aimée marchant le long de sa tombe tandis que les fleurs reprennent vie avec l'arrivée du printemps. L'affinité profonde de Schubert pour le lied – il a composé plus de six cents lieder et a étudié auprès d'Antonio Salieri (le soi-disant « rival » de Mozart) – imprègne chaque note de cette œuvre. La ligne lyrique de la flûte évoque le désir du meunier envers sa bien-aimée, vers ses amis et le réconfort du foyer, et capture de manière poignante la profondeur de la souffrance humaine. Schubert composa le lied en janvier 1824 pour un flûtiste ami, mais aucune preuve n'a été conservée d'une représentation publique des Variations de son vivant. Néanmoins, il fut rapidement reconnu comme un « lied populaire », qui dans l'introduction et les rythmes doucement progressifs esquisse les nombreuses manières dont la musique peut saisir la gravité et le mystère du texte poétique. La tradition de la musique à programme lisztienne forme la base de la sonate Undine de Reinecke, qui a été jouée pour la première fois en janvier 1884 au Gewandhaus de Leipzig, avec le compositeur au piano et le célèbre flûtiste Amédée de Vroye. La fascination de Reinecke pour la flûte a persisté tout au long de sa carrière ; tout comme le violon parmi les instruments à cordes, la flûte est capable de chaleur lyrique comme de virtuosité brillante. De plus, la passion de Reinecke pour les contes de fées et légendes de son pays natal lui a duré toute la vie, ce qui rendait Undine un choix logique pour son imagination. Au début du dix-neuvième siècle, diverses œuvres dramatiques et épiques couronnées de succès répondaient aux sensibilités romantiques de l'époque, et Undine (1811) de Friedrich de la Motte-Fouqué était considérée universellement comme l'exemple parfait d'un conte de fées. La sonate Undine, Op. 167, parue en 1882, diffère considérablement des autres compositions de flûte de Reinecke : c'est un véritable unicum dans son œuvre. Le sous-titre signale un programme authentique, reflétant la mode de la musique narrative prônée par Liszt. La flûte et le piano jouent un rôle de collaboration complète, exigeant à la fois une maîtrise technique et un équilibre stylistique raffiné. Par des formes structurelles irrégulières, la répétition cyclique des thèmes et le langage romantique riche – notamment visible dans l'écriture pianistique suggestive – Reinecke donne vie au mythe d'Undine. Les textures de l'œuvre sont complexes mais toujours claires, et le flûtiste doit combiner une virtuosité considérable avec une subtilité expressive, soutenu par un pianiste qui veille à ce que la ligne de flûte ne soit pas submergée par la sonorité complète du piano. Structurellement, la sonate suit le plan à quatre mouvements typique de la tradition tardive-romantique, le dernier mouvement s'avérant être le plus ambitieux et captivant. Avec cela, elle occupe un petit mais remarquable coin du répertoire de musique de chambre. La légende derrière Undine (1811) s'est rapidement propagée au-delà des frontières allemandes et raconte l'histoire d'un esprit des eaux qui acquiert une âme humaine en épousant un homme mortel. Cette âme s'accompagne cependant du fardeau de la souffrance humaine, et lorsque l'infidélité de son mari lui brise le cœur, elle est, selon les lois de son espèce, obligée de terminer sa vie, malgré sa propre humanité nouvellement acquise. Ce thème de la mythification se poursuit dans l'arène contemporaine avec Madonnina del mare (2023) de Massimo De Lillo pour flûte et piano. De Lillo est originaire de Bari et est le fils d'Ottavio De Lillo, un compositeur et professeur des Pouilles respecté qui a été loué par Nino Rota lui-même. Le jeune De Lillo compte parmi les compositeurs les plus prometteurs de sa génération, comme en témoigne son succès au concours de composition du Atlanta Philharmonic Orchestra, qui offre aux artistes émergents la possibilité de se produire sur la scène de cet orchestre. Madonnina del mare est basée sur un hymne à Marie du même nom et sur une dévotion populaire dans la petite ville salentine de Castro, où la « Petite Madonna » aurait protégé les marins et leurs familles. La fantaisie éclectique de Luigi Capuano Zancle, enfin, est basée sur le folklore de Messine – le nom du grec ancien signifie « faux » et fait référence à la côte courbée qui relie la Mer Ionienne et la Mer Tyrrhénienne au milieu des tourbillons de Scylla et Charybde. Capuano manœuvre habilement le duo flûte-piano à travers des passages d'éclat éblouissant et des moments de repos émotionnel.

Autres sorties

FR